Slide # 1

Baby Driver (2017)

Le réalisateur culte de la trilogie cornetto revient enfin avec son nouveau Baby. Verdict !

Daylight (1996)

Ghost in the Shell (2017)

L'adaptation du manga culte japonais avec Scarlett Johannssen est-elle à la hauteur des attentes ?

Slide # 3

Blood Father (2016)

Retour de l'ogre Gibson dans un rôle à sa mesure.

Slide # 4

Star Trek Beyond (2016)

Encore un flamboyant exemple de la malédiction du numéro 3.

Slide # 5

La Maison des Otages (1990)

L'avant dernier film de Michael Cimino, remake du classique de 1945 avec Mickey Rourke.

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07/02/2015

Wer (2013)






Une jeune avocate américaine expatriée en France accepte de défendre un paysan accusé d’avoir assassiné les membres d’une famille de touristes. L’homme en question vivait reclus avec sa mère non loin du lieu du massacre, sur un terrain courtisé par le gouvernement. L’avocate est convaincue qu’il y a un complot et entend utiliser l’étrange maladie qui afflige son client pour plaider son innocence. Ce qu’elle ignore, c’est que son client souffre en fait de lycanthropie et il réussit à s’enfuir lors de ses tests médicaux.  Alors que les autorités sont incapables de le retracer, l’avocate part à sa recherche pour racheter son erreur.

25/11/2014

Dracula Untold (2014)




Les montagnes de Transylvanie, en Roumanie, vers 1431, pendant l'invasion turque. Le prince Vlad Tepes est un souverain aimé et respecté et un grand guerrier. Après une bataille, il n'a qu'une hâte, celle de retrouver sa femme Mirena et leur fils. C'est alors que le seigneur Mehmed le défie et menace la sécurité de son royaume. Celui-ci vient de lever une grand armée et veut que le fils de Vlad soit enrôlé. Afin de protéger son petit garçon et son peuple, il décide de voir un sorcier censé lui donner des pouvoirs surnaturels. Ainsi, il doit vendre son âme et se voit condamné à devenir une créature de la nuit. Au grand désespoir de sa famille.

24/11/2014

Bodycount AKA Il Camping Del Terrore (1987)

Ruggiero Daoato s'est imposé à l'orée des années 80 avec un monument de l'Horreur ''Cannibal Holocaust'', inventant pratiquement ce que l'on appelle le ''Found Footage'' qu'on utilise aujourd’hui à toutes les sauces pour le meilleur et pour le pire. Le film, qui a longtemps défrayé la chronique ne manquait pas de qualités et de fond -une diatribe acerbe contre la manipulation des médias et une mise en garde contre le pouvoir des images- trop vite occultés par une censure démesurée. Cette oeuvre présageait un futur prometteur pour son réalisateur mais au vu de sa filmographie on ne peut que se rendre compte que du déclin vertigineux de ses longs métrages. Comme pièce à conviction, Messieurs les jurés, voici ''Bodycount'' sorti en 1987. 

La décennie 80's aura indéniablement été l'âge d'or des ''Slashers'' lancé avec maestria par John Carpenter et sa ''Nuit des Masques'' en 1978. Nonobstant, le plus célèbre représentant de cette ère demeure surement Vendredi 13, non seulement de par ses qualités artistiques et sa longévité mais aussi à cause de la manière dont il a défini les caractéristiques et codes d'un sous genre, ''le Backwoods Slasher'' pour les années à venir qui fera une ribambelle de petits et beaucoup d'heureux, notamment chez les producteurs de tous bords qui s'en mettront plein les poches. En effet l’appât du gain attire pas mal de monde outre atlantique et beaucoup s’essaieront au genre en tentant de masquer au possible les origines de leurs métrages et l'Italie n'est pas en reste -ce qui n'est pas étonnant puisque le Giallo a plus ou moins mis au monde le Slasher- et c'est l'ami Rugiero qui en 1987 se collera à ce que nous pourrions appeler ''Le Slasher pour les nuls'' tant on évolue en terrain connu. 

Une idée sur le pitch? Ce n'est pas vraiment nécessaire puisque c'est celui que tout le monde connait: Une bande de Djeun'z BCBG décide de passer des vacances en Camping dans un bois perdu, à fumer du shit et faire l'amour -parfois les deux en même temps-. Manque de bol, un tueur fou a eu la même idée, mais n'est pas du genre très sociable et il est plutôt chatouilleux de la machette. Alors, vous ne le croirez jamais, mais ces jeunes inconscients se feront charcuter un à un et une enquête sera même menée par un sheriff du coin, un peu chelou sur les bords.. Quelle angoisse! On l'aura compris, ça sent donc la formule éculée à plein nez et en conséquent nous ne serons nullement surpris par cette lourde sensation de déjà-vu qui planera sur toute la bobine -si vous avez eu assez de patience pour continuer jusqu'à la fin, dans le cas contraire personne ne vous en blâmerait-. Car ce n'est pas ce scénario alambiqué qui attiserait notre intérêt avec ses sous-intrigues à deux balles, ni même ce casting de jeunes crétins superficiels et interchangeables qui, pour se la jouer cool, nous sortent des références de la Pop Culture toutes les deux secondes -Miami Vice, Duran Duran-, et encore moins ce ''monstre'' tapi dans les bois, à l'affût du moindre nichon pour sévir.  

Le temps -qui s'étire vachement- on préférera le passer à s'extasier devant la vacuité qui se dégage du film et sur le sort du Slasher qui, sucé jusqu'à la moelle par des producteurs peu scrupuleux, en est arrivé à des résultats aussi grotesques. C'est un fait, le public boude le genre dans les salles à de très rares exceptions, le troisième épisode de la saga Freddy qui sortait la même année n'est qu'une exception. En fait, à bien regarder la liste des films du genre sortis en 1987, l'on se rend vite compte que l'ère de la Home Video a commencé à prendre le contrôle en changeant la donne et en modifiant le modèle économique vers des produits hyper cheap destiné avant tout à la consommation. Ce Bodycount n'est donc pas un cas isolé, il est suivi par une liste longue comme le bras de films du même acabit destinés à inonder un marché en plein essor qui sent la thune, il suffit juste de jeter un oeil aux titres avec ''Blood'' dedans: Blood Lake, Blood Harvest, Bloody movie, Blood Diner... Bref, l'ancêtre de la DTV venait d'être inventé. 

Que reste-t-il alors à se mettre sous la dent? Rien de bien jouasse sauf si vous visionnez ce film en VHS, alors oui, quelques réminiscences d'un temps révolu vous feront peut-être frissonner. Sinon une soirée pizza serait tout à fait la bienvenue et le film, très indiqué. A part ça, vous pouvez passer votre chemin sans trop de regrets.

20/11/2014

Shock Waves - Le commando des morts vivants (1977)





Il ne faut pas dénigrer le nanar. Car le nanar a ceci de particulier qu’il arrive souvent à surprendre même les plus blasés. Dans quel sens, cela dépend du métrage et probablement du nombre de boissons alcoolisées qui accompagneront son visionnage. Le nanar sait aussi faire preuve d’un sens de la recherche assez pointu, allant vers des zones inexploitées jusque là et proposant des variations originales sur des thèmes galvaudés. Bien sûr, le Nanar ne serait pas nanar si cet effort de recherche n’était pas systématiquement gâché par toutes les caractéristiques du nanar que nous comprenons, aimons et chérissons, spécialement sur ces pages. Voici donc, comme pièce à conviction, Le commando des morts-vivants, objet filmique pas trop identifié qui nous propose des zombies teigneux, nazis et amphibiens, before it was cool.

Si l’idée d’un zombie nazi ne surprend pas aujourd’hui, notamment depuis Dead Snow, il en allait autrement dans les 70’s, époque de la réalisation de ce Commando des morts-vivants –ou Shockwaves, en VO, c’est plus swag-. Les seuls zombies connus alors étaient ceux de Romero, qui sortaient des tombes et n’avaient pas forcément d’opinion politique particulière - à moins que bouffer son prochain en soit une-. Le postulat est donc alléchant et l’affiche du film ne l’est pas moins, il ne fera cependant pas illusion très longtemps : dès les premières secondes qui nous donnent l’occasion d’admirer une qualité d’image super crapoteuse filmée par une caméra tremblotante, nous savons indubitablement à quoi nous avons affaire, un film d’exploitation au budget rikiki et au scénar aussi rachitique que bêtifiant. Des petits détails qui rebuteraient le spectateur lambda mais qui ne sauraient refroidir la volonté du nanardeux aguerri. Comment résister à cette scène d’intro aux plans serrés dignes d’un dvd de vacances d’été en Bretagne ? De ces lignes de dialogues crétines débitées par des acteurs aussi charismatiques qu’un frigidaire Arthur Martin ? C’est impensable.

Premier film de Ken Wiederhorn, sombre inconnu qui connaitra une brève reconnaissance en réalisant le raté Retour des Morts-vivants 2 avant de retomber dans l’anonymat, Shockwaves ne brille clairement pas par ses qualités artistiques. Plus encore que le manque de moyens financiers, c’est de l’amateurisme évident du réal dont pâtit cette entreprise : Sachant que les enjeux sont connus à l’avance –des naufragés tombent sur une île infestée de zombies et doivent sauver leur peau- un peu plus de la moitié de la bobine sera consacrée à la montée du suspense avec des personnages transparents qui explorent les alentours, sursautent au moindre bruit et posent des questions cons ici où là. C’est long, très long surtout quand on nous fait miroiter les scènes avec les morts vivants du titre qui déambulent dans les recoins sombres et montent le siège. Ce sont probablement les moments les plus réussis, leur aspect inédit fait mouche –combinaisons militaires, teint blafard mais pas pourri, lunettes de soudeurs- et les images de ces monstres sortant de l’eau sont suffisamment flippantes pour imprégner durablement la rétine. Mention spéciale pour la musique minimaliste de Richard Einhorn qui contribue à instaurer un semblant d’ambiance stressante et poisseuse à souhait.


Ce n’est qu’à la toute dernière partie du métrage, pile avant que nos paupières lourdes ne se referment pour de bon que les choses commencent à bouger et où le film se transforme en survival plutôt bien mené, mais pas follement excitant pour autant. Les scènes de poursuite et les attaques des zombies –notamment sous l’eau, pour rappel- donnent suffisamment de sueurs froides pour tenir la route jusqu’au générique final, mais causent une frustration énorme du fait de l’absence totale et scandaleuse du moindre effet gore. Ne comptez pas sur ces zombies pour une éviscération, une énucléation ou un démembrement sanglant quelconque –on attendra deux ans de plus et le Zombies 2 de Fulci pour ça- on se contentera de strangulations à mains nues tout ce qu’il y a de plus cordiales. L’hémoglobine, c’est connu, ça coûte cher et la production à déjà tout claqué dans les décors, alors...  En plus des ses zombies peu orthodoxes, Shockwaves assure dans la nanardise dans son côté fauché, ses répliques cons mais surtout dans son casting de bras cassés, réussissant même l’exploit de réunir sur cette même pellicule deux stars sur le retour : John Carradine et l’illustre Peter Cushing –vous avez bien lu- pris en flagrant délit de cachetonnage. Pour le premier, il faudra avoir le coup d’œil pour le reconnaitre : super mal en point et visiblement bourré tout le long de ses deux trois scènes tournées, son personnage disparaîtra dans les dix minutes suivant le début, dans l’indifférence totale. Le cas de Cushing par contre est celui qui porte le plus à rire –ou à pleurer c’est selon- puisqu’il se fend d’un rôle de savant fou à l’accent germanique à couper au couteau et fier concepteur de ces gentils monstres. Il est tout le temps filmé en solo, récitant ces tirades théâtrales dignes de l’âge d’or de la Hammer et qui tombent ici totalement à plat, puis disparaîtra lui aussi, tué des mains de ses propres abominations. Visiblement, ses scènes de tournage ont été bouclées en un jour max, puis distillées ici et là au montage, trop honteux peut être pour se salir plus dans cette histoire.

Shockwaves, Le commando des morts-vivants c’est donc de la Zéderie comme on l’aime, une bobine nanardesque joyeusement crétine mais qui vaut le détour pour ses zombies originaux et quelques moments horrifiques qui valent le coup d’œil. A réserver exclusivement aux fans du cinéma bis sous peine de se faire chier rapidement. 

19/11/2014

Return of The Living Dead 3 (1993)

On se souvient très peu aujourd'hui de la saga des Retour des Morts-Vivants si ce n’est par son premier épisode culte qui fit adhérer les zombies à la sympathie générale des cinéphiles. Avant que la série ne tombe dans la bouse crétine et décérébrée avec Necropolis et Rave to the Grave, il est bon de se rappeler qu’au début des années 90’s, Brian Yuzna avait donné un baroud d’honneur avec Le Retour des Morts-Vivants 3, un ultime volet surprenant et réussi bien qu'éloigné de l’esprit de la franchise.

C’est un peu par hasard que le projet d’un troisième volet des Retour des Morts Vivants tombe entre les mains de Brian Yuzna. Les producteurs arrivaient en fin de validité des droits et devaient impérativement sortir un nouvel épisode s’ils ne voulaient pas dire adieu à la franchise qui, disons le, restait très rentable et ce malgré un deuxième épisode hyper mal torché. Le Retour des Morts-Vivants 3 fut donc un produit de commande, les producteurs ayant pour seule exigence que le film soit livré vite et pas à gros frais, rien que ça. Yuzna, qui à l’époque avait un autre film à sketchs sur le feu – Necronomicon – qu’il produisait et réalisait en partie décide de confier l’écriture du scénario à son pote John Penney. Ce dernier a notamment travaillé sur un autre titre de gloire de Yuzna, Bride of Re-Animator. C’est d’ailleurs beaucoup de « vrais morceaux » de Bride of Re-Animator que nous retrouverons dans la trame de ce troisième volet, puisque les deux complices décident d’orienter leur histoire vers une love story maudite et monstrueuse avec du bon gros gore qui tâche.

Exit donc la comédie potache et gore qui avait fait jusqu'ici la recette et le succès de la franchise. Place à un ton plus sérieux, plus grave et un humour noir incisif, plus dans l’air du temps, 90’s s’entend. Est-ce pour autant qu’il faut affirmer que cette séquelle ne s’inscrit pas dans la continuité de ses prédécesseurs ? Pas si sûr. Une ligne directrice entre les épisodes de la série serait justement le parti pris adopté par les producteurs vis-à vis de la Zombitude. Ils pouvaient être hyper drôles, maintenant ils peuvent être sexy et c’est justement la singularité de ce film et de son héroïne inédite : July, une zombie à retardement. Yuzna filme son métrage sous forme de road movie, suivant la fuite en avant d’un couple de djeunz rebelles qui s’habillent en cuir, roulent en moto et disent fuck à la life et à la dictature des paternels trop relous. Le parent de Curt par exemple est un militaire qui s’amuse à réveiller des morts avec un gaz appelé Trioxin. Non mais allo, quoi ! Alors que le couple est trop vénère, il décide de partir loin, mais un dérapage de moto met fin à leurs espoirs et à la vie de July. Curt a alors l’idée de la plonger de la Trioxin pour la ramener à la vie. C'est du moins ce qu’il croit.

Avouons-le, la meilleure chose qui soit arrivée à ce troisième volet est surement son budget serré. Habitué à de pareilles contraintes – et autrement plus qualifié que Dan O’Bannon ou ce tâcheron de Ken Wiederhorne – Brian Yuzna se fend d’une pellicule horrifique fauchée mais hautement efficace. Et comme souvent chez les réals doués, ce frein financier agit comme un catalyseur d’imagination et de trouvailles en tout genre, notamment question maquillage et effets spéciaux. Ainsi ce Retour des Morts-Vivants 3 sera l’épisode le plus généreux en splatter et en hémoglobine, l'ensemble se fendant même d’un bestiaire de zombies assez original qui n’est pas sans rappeler les premiers Hellraisers. Mais le choix le plus payant opéré par Yuzna est de se focaliser sur son personnage principal et sa lente métamorphose en morte vivante, et ce, à travers les yeux même de son amoureux. Il y a quelque chose d’éminemment érotique dans la façon de filmer cette zombie, et Yuzna réussit par un tour de passe-passe génial à capturer tout ce paradoxe entre attraction-répulsion et tension sexuelle exercée par le monstre sur son amant et ses victimes. Le film est en ce sens traversé plusieurs fois par une poésie macabre très surprenante, notamment lorsque July achève sa transformation en déesse SM criblée de verre puis à l'occasion d'un final romantique, Shakespearien par excellence avec les amoureux au milieu des flemmes. Dommage que plusieurs défauts plombent le tout et le ramènent vers un cachet plus nanardesque, comme ces trous scénaristiques à répétition, ce je m’en foutisme dans la cohérence et une direction d’acteur inexistante. Sans quoi le film aurait été une perle à tous les points de vue au lieu d’être l’œuvre de commande qu’elle est.

Le Retour des Morts-Vivants 3, c’est donc Roméo et Juliette au pays des zombies : rien ou peu à voir avec le reste de la saga si ce n’est dans les grandes lignes. Le film n’en demeure pas moins une belle pépite horrifique qui assure très bien dans le spectacle et se place sans peine parmi les meilleures variations du genre.

Return of The Living Dead 2 (1989)

Le Retour des Morts-Vivants, premier du nom, avait été une excellente surprise de l’année 1985 propulsée directement au rang des films cultes grâce à un savant mélange entre humour noir et horreur cradingue. Une formule qui le situait plus vers les Evil Dead de Sami Raimi que vers les Zombiages de Romero. Le succès aidant, cette suite – un peu tardive – sort trois années plus tard et tombe dans tous les pièges évités par son prédécesseur. Le résultat est regardable mais vite oublié.

Aux commandes de ce Retour des Morts-Vivants 2, Ken Wiederhorne succède à Dan O’Bannon. Le nom ne vous dit peut être rien mais il s’est déjà rendu coupable du nanar zombiesque aquatique Le Commando des Morts-Vivants. Notez que le bougre a de la suite dans les idées. Premier constat : à force de garder l’esprit du premier, Wiederhorne se fend tout bonnement d’un remake plutôt que d’une suite. Le cinéaste ne donne aucunement de continuité à l’action introduite trois ans auparavant, voire pire, ne se propose même pas d’améliorer le rendu du modèle. Même si les lieux et les noms des personnages sont différents, la trame est grosso modo inchangée : des petits cons de l’armée se débrouillent pour perdre des barils de Trioxine toxique, des petits cons du voisinage se débrouillent pour les déterrer et en libérer le gaz qui, comme de bien entendu contaminera tout le cimetière voisin, donnant le départ au siège de la ville par des zombies affamés de cerveaux. Autre détail qui pourra être perçu au choix comme drôle ou perturbant, la présence des mêmes acteurs que le premier volet dans des rôles différents. Ce sera le cas du sympathique duo principal, Ed et Joey – précédemment Frank et Freddy – qui iront même jusqu'à débiter ligne par ligne un passage entier du premier film. Un peu lourdaud comme clin d’œil.

Le Retour des Morts-Vivants 2 aurait donc pu rouler peinard en pilotage automatique sans qu’on y trouve grand-chose à redire. Le problème est qu’il a cette fâcheuse tendance à mettre à plat tout ce qui faisait l’originalité du premier. A l'aspect décalé et noir du précédent, Wierderhorne préfère un ton plus conventionnel et gentillet, plus tourné vers le grand public. Les personnages attachants et hauts en couleurs du précédent opus sont remplacés par une panoplie de stéréotypes archis rabattus et purement 80’s : le petit gamin surdoué qui n’a peur de rien, le plombier au physique d’athlète, le médecin fou, les militaires butés et débilos qui tirent dans le tas et surtout la petite amie hystérique qui casse les burnes tellement elle gueule sur toute la longueur de la pellicule. Difficile de se sentir concerné pas autant de transparence. On en vient très rapidement à haïr les tâcherons derrière cette entreprise qui ne sont même pas foutus de tourner le tout en dérision, surtout que le budget semble plus conséquent que le premier.

Les seuls qui tirent leur épingle du jeu sont les zombies, principale attraction du film puisque tous les autres n’en branlent pas une. Toujours sympathiques et gueulant le mythique : Braaaaaiiins ! – quoi qu'avec moins de conviction ici –, ils ont plus de champ libre pour faire leur show et très souvent ça porte à sourire, au vu de la médiocrité ambiante. Ainsi nous retiendrons – quoi que brièvement –certains passages marrants comme ce gentil petiot qui bouffe le cerveau de sa maman, la partie de un, deux, trois soleil avec des morts vivants et leur soudain intérêt pour des cours vidéo de yoga, ainsi qu’une apparition remarquée du zombie de Michael Jackson période Thriller. En revanche, ne comptez pas trop sur un festival d’hémoglobine. Cet épisode est scandaleusement avare en scènes horrifiques, un comble. Tout au plus, quelques morsure ici ou là qui contribuent à accentuer le sentiment de frustration général. La trahison ultime viendra assurément de ce final en happy end débile, assené à la vas-vite et en totale contradiction avec l’esprit couillu du modèle. Du beau gâchis.

Pâle remake, suite faiblarde, Le Retour des Morts-Vivants 2 ne propose rien de neuf. Bien au contraire, il recule avec cette franchise naissante en tuant toute l’originalité dont avait fait preuve le premier épisode. Il peut faire illusion le temps d’un visionnage séparé, mais dans l’absolu, il demeure une occasion ratée de pousser encore plus loin le genre de la comédie d’horreur.

14/11/2014

Return Of The Living Dead (1984)

Deux employés d'un entrepôt de fournitures médicales libèrent accidentellement un gaz toxique d'un conteneur militaire stocké dans la cave depuis la fin des années soixante et censé ramener les morts à la vie. Le produit ayant également réanimé un mort dans la chambre froide du bâtiment, ils utilisent l'incinérateur du crématorium du cimetière voisin pour se débarrasser du mort-vivant…

05/11/2014

Society (1989)

Tourné en 1989 mais sorti uniquement en 1992 aux états unis, le premier film en tant que réalisateur de Brian Yuzna reste encore aujourd’hui l’un des sommets du body horror et un spectacle jubilatoire d’une rare intensité. Film d’horreur culte qui s’offre aussi le luxe d’être une réflexion sans concessions d’une société américaine, celle des années Reagan, en pleine dégénérescence, Society est un coup de maitre immédiat qui n’a pas pris une ride.

S’il fait ici ses premiers pas derrière la caméra, Brian Yuzna n’est pas pour autant un premier venu dans le cinéma, encore moins dans celui de l'horreur puisqu’il est surtout connu comme producteur de films cultes comme Dolls, ReAnimator ou encore From Beyond - tous réalisés  par son pote Stuart Gordon -. C’est donc tout naturellement qu’il en arrive derrière la caméra, à un moment clé qui coïncide d’une part avec le crépuscule du cinéma gore estampillé 80’s, et à la fin de l’ère Reagan avec ses excès et ses dérapages d’autre part. Ce constat, ce sera l’essence même de Society : rendre ses lettres de noblesse à un sous genre en perdition et rendre compte d’une société qui l’est tout autant. Son film nous transporte dans un Beverly Hills ensoleillé, luisant, celui des sitcoms et des séries débiles dont l’Amérique nous gave, les rires préenregistrés en moins. Le héros, Bill Whitney, beau gosse issu d’une famille bourgeoise, mène en apparence une existence idyllique mais ne peut contenir des accès de paranoïa récurrents notamment vis-à-vis de sa propre famille qu’il soupçonne de comploter dans son dos pour le supprimer. Il est conforté dans ces craintes par d’étranges visions qu’il a, de corps déformés, de bruits de succion et du sourire bien trop ultra bright de ses parents.


Society fonctionne sur deux niveaux de lecture. Sur un plan purement fonctionnel, le film est une impressionnante bobine horrifique comme on n’en a rarement vu. Yuzna met en image le cauchemar de son héros avec une maestria bluffante, en ménageant un crescendo poisseux à mesure que ce dernier sombre dans la folie. Il n’est pas question de gore et d’hectolitres de sangs mais bien de transformations physiques extrêmes et aberrantes. Cette horreur-ci est organique, dérangeante, pensée comme des peintures de Dali dont Yuzna avoue s’être grandement inspiré. Ce sont donc de véritables toiles que brosse le Yuzna aidé en cela par l’incroyable talent de Screaming Mad George, as du maquillage qui a déjà officié sur certains épisodes de la saga Freddy et de Predator. Chairs distendues, gélatineuses, mutations aberrantes sont au menu et culminent vers un long final proprement hallucinant, l’un des plus gros chocs visuels du genre. Heureusement, le film ne se contente pas d’être une mise en images gratuite de scènes dégueu mais se double d’une critique acerbe du monde factice des millionnaires de Beverly Hills.

Il n’est pas très étonnant que le film ait mis si longtemps à être distribué aux Etats Unis. Plus exactement trois ans durant lesquels il a surtout été montré et apprécié en Europe. Comme l’expliquera le réalisateur, les américains sont peu enclins à voir en face leur propre merdier, surtout quand ce merdier est mis en image d’une façon aussi radicale. La dégénérescence que dépeint Society est donc celle d'une certaine classe sociale, d'un monde clos, une bourgeoisie de Beverly Hills littéralement consanguine, incestueuse, cannibale, où le matérialisme des années fric ne se limite pas à manger métaphoriquement le concurrent. Pour mieux la singer, le film de Yuzna en prend même la forme et c’est toute la première partie du film qui revêt les airs d’une sitcom américaine 80’s : casting de beaux gosses et belles cruches aux cheveux brushingués et aux capacités d’interprétations plus que moyennes - à se demander si c’est fait exprès d’ailleurs tellement tout le monde joue super mal - décors idylliques, bicoques cossues, voitures luxueuses et plages ensoleillées où tout ce beau monde entretien son bronzage. Tout est dégoulinant de perfection et agit comme un somnifère sur le spectateur avant que la machine s’enraye et que la couche de vernis ne se décolle au rythme de la lente paranoïa du héros. Une paranoïa qui n’est pas sans rappeler celle de Rosemary et son bébé qui virera inévitablement vers une horreur toute Cronenbergienne.

Pour un premier essai, Brian Yuzna réalise un coup de maître et signe ce qui restera probablement son meilleur film. Society, bien que relativement méconnu du grand public reste une œuvre puissante, témoin de son époque et capable de donner aussi bien dans la réflexion que dans le grand spectacle horrifique. Hautement recommandable.

04/11/2014

Horns (2014)

Décidément bien installé aux states, Alexandre Aja aura surtout officié sur des remakes : du coup de poing La Colline a des Yeux au moins mémorable Mirrors en passant par le très fun Piranha 3D. Il s’attaque cette fois-ci à une adaptation du célèbre livre de Joe « fils-de-Stephen-King » Hill qui condense à elle seule tout son cinéma. Pourtant, à vouloir faire le grand écart entre plusieurs genres, Horns finit surtout par se prendre très vite les pieds dans le plat.

Horns c’est surtout un pitch « dément » : un quidam accusé d’un crime qu’il n’a pas commis se réveille le lendemain d’une cuite épique avec deux cornes et la capacité de faire avouer les secrets les plus terribles à toute personnes qui les voit. Un don vachement flippant mais aussi super pratique pour mener l’enquête en vue de prouver son innocence. Joe Hill, l’auteur, avait pris cette idée à bras le corps pour la développer à petit feu sur un roman de cinq cent pages – qui soit dit en passant a ses qualités autant que ses défauts -. Keith Bunin, le scénariste, n’a pas autant de chance. D’une part parce que sa prose laisse beaucoup à désirer et d’autre part parce qu’il n’a pas autant d’espace pour développer sa trame, surtout que le support n’est pas le même. Ah, l’éternel débat livre contre adaptation ciné ! Le résultat immédiat c’est que la seule bonne idée du film s’en retrouve méchamment torchée et expédiée en deux temps trois mouvements, et comme Bunin ne propose rien d’autre – ou si peu – pour pallier ce fait, on est déjà très mal barrés. Ainsi, passées les trois premières scènes d’exposition, c’est tout le vide abyssal de ce métrage qui se profile devant nous.

Conscient peut-être de la limite de son propos, Aja semble se concentrer plus sur l’ambiance de son film qu’à son contenu. Qu’il ait fait appel à Frederick Elmes, directeur photo de David Lynch, pour soigner ses images n’est pas totalement un hasard : avec son meurtre mystérieux et non élucidé dans une bourgade rurale, ses personnages hauts en couleurs et leurs secrets inavouables, Horns rappelle beaucoup une autre œuvre culte de Lynch, Twin Peaks. Le film aurait pu alors se doubler d’un portrait au vitriol d’une société bouffée par le vice et la violence sauf qu’il se complait à multiplier les ruptures de tons et à sauter d’un genre à l’autre avec une préférence pour la romance ado teintée de fantastique. Une romance dont le premier degré plombe systématiquement tout le comique morbide issu des scènes plus décalées et ajoute un cachet young adult dont on se serait volontiers passés. Impossible dès lors d’instaurer un quelconque climat ni le minimum de suspense requis pour adhérer à l’intrigue, une intrigue tellement traitée par-dessus la jambe « qu’on en a plus rien à faire de toute façon » : il suffit juste de regarder les cornes et le tour est joué.

Lent et confus mais heureusement d’une plastique irréprochable, Horns s’enlise à mesure que le désintérêt s’installe pour de bon. Aja jette alors l’éponge et emballe un dernier tiers en totale conformité avec le cahier de charges du thriller hollywoodien, c'est-à-dire complètement artificiel, cousu de fil blanc et bien trop enclin à vouloir tout expliquer sans pour autant apporter de vraies réponses. N’oublions pas non plus un happy ending dans les règles avec en prime de la bonne grosse symbolique sur des thèmes aussi fédérateurs que la rédemption et le pardon et l’amour, le vrai, celui qui dégouline de partout. Le plus embarrassant restera surtout cette effusion de gore qui arrive trop tard, un peu comme des excuses et une façon de dire que « hé les mecs, c’est le réalisateur de Haute Tension quand même ». On n’y croit pas une seconde, justement.

Si la sauce joyeusement crétine de Piranha 3D avait si bien pris c’est parce que le film s’assumait pleinement, tout le contraire de Horns dont on se souviendra surtout pour tout ce qu’il a oublié d’être : une farce féroce, horrifique et fun. Au vu de tout le potentiel qu’il y avait, on ne peut que regretter ce non évènement. Ah, sinon Daniel Radcliff est pas trop mal dans ce film. C’est déjà ça.