Slide # 1

Baby Driver (2017)

Le réalisateur culte de la trilogie cornetto revient enfin avec son nouveau Baby. Verdict !

Daylight (1996)

Ghost in the Shell (2017)

L'adaptation du manga culte japonais avec Scarlett Johannssen est-elle à la hauteur des attentes ?

Slide # 3

Blood Father (2016)

Retour de l'ogre Gibson dans un rôle à sa mesure.

Slide # 4

Star Trek Beyond (2016)

Encore un flamboyant exemple de la malédiction du numéro 3.

Slide # 5

La Maison des Otages (1990)

L'avant dernier film de Michael Cimino, remake du classique de 1945 avec Mickey Rourke.

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02/11/2013

Maniac Cop II (1990)



Malgré un accueil critique défavorable, le premier Maniac Cop rencontra un franc succès outre atlantique et fut même un solide hit dans les ventes vhs, assez en tout cas pour que la fine équipe William Lustig/Larry Cohen décide de récidiver pour une suite, deux ans plus tard. Non pas qu'ils aient eu vraiment besoin d'un prétexte comme l'avait laissé présager la fin ouverte du précédent volet. Maniac Cop 2 sort donc en 1990 et a bien des égards demeure le meilleur épisode de la trilogie, plus noir, plus violent et surtout plus foutraque. 


Cette suite reprend quelques jours à peine après les événements de la première partie où nous retrouvons les deux personnages principaux Bruce Campbell et Laurene Landon en pleine réintégration des services de police. Seul hic, personne ne veut croire à leur histoire rocambolesque du tueur revenu d'entre les morts pour se faire justice et charcuter des gens à tout va (non mais où va-t-on?). Leur supérieur les oblige même à consulter un psychiatre (claudia Christian) pour être déclarés aptes à retrouver leurs postes et ne cache pas son envie de les voir définitivement mis au taquet pour étouffer toute l'affaire. Ce thème de police corrompue était déjà présent dans le premier film et il est repris ici, voir accentué: Les services de l'ordre s'en prennent plein la gueule dans la série Maniac Cop, pas seulement à cause du tueur lui même, mais bien à cause des gradés (et des politiciens) qui sont dépeints sous un jour par très reluisant. Dans cet opus, Lustig ne s'embarrasse pas pour les désigner comme des ripoux nageant en eaux troubles qui n'hésitent pas à accuser l'un des leurs pour se couvrir eux-même. Bien sûr, il ne se gênera pas non plus pour nous montrer en détail sanglants à quel point ils s'en repentiront, et c'est naturellement ce qui nous intéresse le plus. 


Le changement significatif qui s'opère dans ce deuxième volet est celui du ton du film. Si le premier Maniac Cop jonglait entre policier et épouvante, celui-ci verse plus volontiers dans le film d'action tant il regorge de scènes musclées et de déchaînement pyrotechnique. Le budget a été revu à la hausse et l'équipe a eu visiblement les coudées franches, mais le plus important est que Lustig s'amuse apparemment beaucoup, du coup nous aussi. Il y a un grain de folie, assez jubilatoire à regarder dans cette mouture, et quelques scènes sont proprement hallucinantes à l'instar de ce combat à la tronçonneuse entre Laurene et le Maniac, la voiture lancée à pleine vitesse hors de contrôle avec Claudia menottée à l'extérieur et surtout ce carton sanglant dans le stand de tir suivi de l'incursion du Maniac cop dans le commissariat (piquée au film Terminator). Même si ce n'est pas ''la'' grande inspiration, ces scènes restent quand même extrêmement bien foutues dans la droite lignée de la série B 90's. Autre point intéressant dans ce deuxième volet est l'injection de ''sang neuf'' dans le casting, puisque Campbell et Laurene Landon cèdent ''violemment'' la place à Robert Davi (dans une composition quelque part entre Dirty Harry et Sam Spade) et Claudia Christian (en mode Dana Scully) ce qui permet d'avoir une perspective nouvelle et rafraîchissante au vu de la tournure que prend cette suite. 

L'autre évolution constatée dans ce film concerne le Maniac Cop lui même. Là où le doute planait sur sa véritable nature dans le précédent opus, on est ici définitivement fixés: Matt Cordell est bien un Mort-Vivant beaucoup plus mort que vivant comme l'atteste sa toute nouvelle tronche qu'il arbore sans complexes, putréfiée, boursouflée et franchement peu amène. Lustig nous le présente aussi autrement, en accentuant son côté martyr et en le présentant comme le produit d'un système policier corrompu jusqu'à la moelle et veut en faire limite un gars sympa. Si cette idée est intéressante, le scénario très confus ne rend pas l'empathie facile tant les actes du monstre sont contradictoires: D'un côté il ne zigouille que des flics trop zélés, d'autre part il troue de balles (excusez le jeu de mots) tout un commissariat pour faire évader un serial killer dont il s'est mystérieusement pris d'amitié (à ce sujet, le concours de la plus grosse... lame est ridiculement drôle). Cette nouvelle orientation ''Peace & Love'' a aussi un autre effet secondaire, celui sur le quota Gore de cet épisode. A trop privilégier les scènes d'action, Maniac Cop 2 en devient assez timide côté charcutage, étripage et autre décapitations. Il n'y aura donc ici que très peu d'hémoglobine malgré un nombre de cadavres assez élevé. Il faudra pourtant voir dans cette pudeur involontaire, les ravages de la censure américaine puisque c'est le premier épisode à avoir fait les frais d'un remontage pour passer d'un NC-17 à un R. 

Le deuxième volet de la série Maniac Cop gagne donc en spectacle ce qu'il perd en gore et en suspens mais il demeure un produit extrêmement efficace dans le genre série B décomplexée. Dommage que le soin évident apporté à la réalisation ne soit pas le même que pour le scénario qui aurait gagné à être plus construit et mieux écrit. Mais que les fans ne déchantent pas, cette mouture est bien la meilleure de toute la trilogie qui n'a pas trop mal vieilli malgré les années. 

01/11/2013

Maniac Cop (1988)

Matt Cordel, un ancien officier de police envoyé en prison, se fait agresser par des codétenus pleins de rancune. Il est laissé pour mort. Quelques années plus tard, Matt Cordel, mu par une envie de vengeance se met à tuer les citoyens déguisé en policier...


C'est en cherchant des idées pour une éventuelle suite de ''Maniac'' que Larry Cohen et William Lustig en viennent au pitch de ce Maniac Cop (on gardera le Maniac pour surfer sur la vague du film en en question). Le script n'est pas encore fini que la production se met en place, grâce notamment au soutien de la compagnie de James Glickenhaus, habitué des petites productions horrifiques ainsi que par  la présence dans le rôle principal de Ash himself, Bruce Campbell. Si le résultat n'a rien d'aussi subversif et violent que son modèle, ''Maniac Cop'' constitue tout de même une excellente surprise et met la première pierre à une trilogie inégale mais jouissive, malheureusement trop oubliée. 


Avec ce film, William Lustig signe l'hybride parfait entre film d'épouvante et thriller/policier bien de son époque. Il emprunte à chacun ses codes pour mieux en faire un tout cohérent, violent et explosif. Maniac Cop se présente d'abord comme un Slasher tout ce qu'il y a de plus classique avec son ''monstre'' qui déambule dans les rues en quête de victimes, de préférence de jeunes demoiselles se promenant tard dans les ruelles sombres de New York. Il est filmé dans l'ombre, massif et menaçant et ses crimes sont brutaux et cruels mais qui ne semblent pas fortuits. En effet il semble que le meurtrier veuille faire porter le chapeau à quelqu'un d'autre et qu'il ait certains comptes à régler. C'est là qu'entre en jeu le volet ''policier'' avec une enquête menée bon train pour déterminer qui se cache derrière ces meurtres atroces ainsi que de ses motivations. 

Lustig est loin d'être un manchot, il apporte à la réalisation un soin particulier et un certain savoir-faire hérité de sa longue expérience dans la série B. Avec Son New York sombre, sale , truffé de dangers et son tueur qui rôde inlassablement, on retrouve bien la patte du papa de ''Maniac'' même si la démarche est ici moins radicale et le point de vue totalement différent. Lustig préfère sciemment brouiller les cartes concernant son tueur: Jusqu'à la fin, nous ne saurons pas très bien s'il est un mort-vivant, si c'est bien le suspect en question en quête de vengeance ou juste son fantôme. D'ailleurs son visage ne sera montré que vers la fin, étrangement plus défiguré que putréfié, n'offrant donc pas de réponse définitive quant à la sa nature véritable et c'est tant mieux, les interprétations seront laissés au soin du spectateur. C'est Robert Z'dar, le roi de la série Z qui prête sa trogne au ''Maniac Cop'' et ce choix relève du génie tant il imprime d'emblée une silhouette caractéristique et flippante avec sa mâchoire surnaturelle (la marque de fabrique de Z'dar) ainsi qu'une parfaite gestuelle dans la combinaison de flic, héritée de sa brève incursion dans les forces de l'ordre de Chicago avant qu'il ne devienne acteur. Ça ne s'invente pas. 

Côté casting, Maniac Cop est étonnamment bien fourni question Guest Stars puisqu'on y croise, outre Z'dar, Tom Atkins, grand habitué des séries B horrifiques (vu notamment chez Carpenter), Richard Roundtree, William Smith, l'ex gloire des 50's Sheree North (dans un rôle aux antipodes des divas sexy qu'elle interprétait dans le temps) sans compter les caméos de Lustig lui même, ainsi que de Sam Raimi en personne dans le rôle d'un reporter Tv. La présence de ce dernier n'est pas si étonnante puisque son acteur fétiche et pote Bruce Campbell tient le rôle principal dans ce film. C'est un peu dommage que la prestation de Campbell soit un peu plan plan et n'offre pas de moments de cynisme cinglant ni d'humour noir dont il a le secret (la faute aussi à un personnage pas assez bien écrit), mais sa présence reste toujours hautement appréciée quelque soit le film. 

Tout ce beau monde réussit au final une belle série B ricaine qui s'assume pleinement et offre grâce à un scénario habile et une réalisation soignée, à défaut d'être inspirée, de très bons moments d'horreur et d'action et ce malgré un manque évident de moyens. Bien dommage, car ce Maniac Cop avait de quoi faire partie du''hall of fame'' des monstres tels que Jason Voorhees ou Michael Myers. ''Maniac Cop'' reste à découvrir et à redécouvrir pour tous les amateurs du genre.