Slide # 1

Baby Driver (2017)

Le réalisateur culte de la trilogie cornetto revient enfin avec son nouveau Baby. Verdict !

Daylight (1996)

Ghost in the Shell (2017)

L'adaptation du manga culte japonais avec Scarlett Johannssen est-elle à la hauteur des attentes ?

Slide # 3

Blood Father (2016)

Retour de l'ogre Gibson dans un rôle à sa mesure.

Slide # 4

Star Trek Beyond (2016)

Encore un flamboyant exemple de la malédiction du numéro 3.

Slide # 5

La Maison des Otages (1990)

L'avant dernier film de Michael Cimino, remake du classique de 1945 avec Mickey Rourke.

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22/08/2017

Ghost in the Shell (2017)



Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée.

Star Trek Beyond (2016)



Une aventure toujours plus épique de l’USS Enterprise et de son audacieux équipage. L’équipe explore les confins inexplorés de l'espace, faisant face chacun, comme la Fédération toute entière, à une nouvelle menace.

21/07/2016

Independence Day (1996)



En 1996, la menace Roland Emmerich était encore fantôme. Le réalisateur allemand était même très en vue et considéré comme l'un des artisans du film d'action les plus prometteurs. Pour preuve, ses deux derniers hits : l'excellente série B Universal Soldier en 1992 et le très réussi Stargate en 1994. Cet été là par contre, Emmerich allait laisser libre cours à ses démons et sortir Independence Day, gros carton de l'année, contenant l'ADN de toute sa filmographie à venir : Destruction porn, effets spéciaux à outrance et patriotisme à la limite du nauséabond. Ce sera aussi la dernière fois qu'il fera preuve d'autant de savoir faire, le premier Independence Day étant  un gros plaisir coupable, efficace et décérébré, rarement égalé depuis, y compris par Emmerich. 

1996 fut une sale année pour la planète. En plus des aliens d'Independence Day -ou ID4 pour faire plus swag- les martiens de Tim Burton aussi s'étaient mis en tête de nous péter la gueule à domicile. Là où Burton avait choisi la carte de l'humour noir et de la farce féroce pour son Mars Attacks!, Emmerich, lui, opte pour un premier degré aussi sérieux qu'un infarctus. On n'est pas là pour rigoler, on est là pour tout exploser. Il est comme ça, Roland. C'est un type sérieux. C'est donc avec un grand sérieux qu'il met en place tous les éléments de son invasion avec un sens aigu de l'exposition, le tout en un tour de main. En dix minutes, les premières soucoupes volantes pointent le bout de leur coque et rendent hommage à notre culture et à notre histoire en désintégrant totalement les principales villes et monuments du globe. Autant dire que la politique étrangère de ces aliens laisse clairement à désirer. Cette première attaque sera le signal pour déclencher l'éradication en règle de l'espèce humaine. Et ce sera aussi la partie la plus réussie de tout le métrage : On ne pourra pas nier le talent d'Emmerich pour faire monter la sauce et, en 96, ces images de destruction massive étaient hyper originales et leur impact visuel énorme -vingt ans après, c'est une autre histoire-. Le principal atout étant clairement les effets spéciaux très réussis qui assurent un spectacle épique et donnent au spectateur pour son argent. L'apparition des vaisseaux spatiaux aliens dans le ciel reste d'ailleurs encore aujourd’hui très impressionnante. 

Si par la suite le film n'accuse aucune baisse de régime et continue d'enquiller les morceaux de bravoure, les choses se corsent lorsqu'il s'agit de présenter des personnages, leurs motivations et de poser des enjeux. C'est bien beau de faire tout péter, mais c'est pas tout ça. Pourtant, Emmerich avait à sa disposition un cast interstellaire -du moins pour l'époque- qui compte Will Smith à peine sorti du Prince de Bel Air, Jeff Goldblum fraîchement auréolé du succès de Jurassic Parc ainsi que de Bill Pullman, acteur culte depuis Lost Highway. Malheureusement -et c'est une constante chez Emmerich- le traitement des personnages est bien trop léger quand il n'est pas grossièrement caricatural. Dire que les clichés sont légion dans Indepedence Day serait un doux euphémisme, du soldat cool qui roule des mécaniques cigare au bec, la mère courage, le scientifique geek et barré sans oublier ze prézident ov ze younaitède stétes. Dommage car ils ne manquaient pas de sel, surtout le personnage de Pullman en président alcoolique qui aurait gagné à être mieux développé. Pas étonnant puisqu'il est à présent de notoriété publique qu'Emmerich se contrefout royalement de ses personnages, ils ne sont là que pour faire avancer ses films d'une explosion A à une explosion B. Malgré tout, le duo Smith-Goldblum arrive à faire des étincelles et efface partiellement le cabotinage de Randy Quaid/Russel Casse. 

Evidemment, un film de Roland Emmerich ne serait pas un film de Roland Emmerich sans les facilités scénaristiques aberrantes et autres raccourcis foireux qui nous font nous demander s'il ne nous prendrait pas pour des cons des fois -et le temps a démontré que la réponse était oui-. Et pour Independance Day, nous avons du très, très lourd. Nous passerons allègrement sur la survie de certains protagonistes qui relève plus de l'intervention divine qu'autre chose, les explosions maousses étant dans certains cas très sélectives quant à leurs victimes. Nous serons par contre bien plus sceptiques quant à la solution ultime trouvée pour repousser l'invasion, soit, en gros, uploader un virus informatique bricolé en deux clics dans le vaisseau mère. Logique, Norton Antivirus n'existe pas sur d'autres planètes. Tout ceci serait passé sans souci avec un grand sourire indulgent s'il n'y avait pas eu ce patriotisme exacerbé, digne de l'administration Reagan, qui dégouline de chaque image. Le point culminant étant évidemment le fameux discours galvanisant du président, qui redonne le moral aux troupes et l'envie de se sacrifier pour faire triompher l'Amérique. Fuck yeah! A partir de là, le spectacle continue dans un déchaînement pyrotechnique ininterrompu mais au déroulement plus convenu, à la limite de l'ennuyeux -limite qui a bel et bien disparu avec le temps- vers un final forcément triomphal.  Quelques scènes de combats aériens brouillons et mal cadrés -Emmerich s'est montré visionnaire sur ce coup là- et le tour est joué.  


Sans le savoir, Roland Emmerich crée avec Independence Day le prototype du blockbuster estival moderne : pompeux, explosif et crétin à souhait. S'il fait preuve d'un gigantisme assumé, ça n'est rien comparé aux délires ahurissants qui viendront par la suite entacher la filmo du réalisateur germanique. Ceci explique peut-être pourquoi ce premier épisode conserve paradoxalement un charme particulier ainsi que son potentiel nanar pop corn intact, ne serais-ce que pour ses effets spéciaux à l'ancienne, largement disparus depuis. Con mais fun.

29/12/2014

The Frame (2014)



Dans un contexte plutôt morose monopolisée par les productions formatées des gros studios, le film de genre et particulièrement la science fiction peine à trouver la place qui fut jadis sienne, celle du spectacle divertissant mais aussi visionnaire et qui donne matière à réfléchir. Les exceptions sont toujours là fort heureusement, Looper l'année passée, Interstellar cette année-ci, mais elles sont justement ce qu'elles sont: des exceptions.  Ainsi, il ne sera pas étonnant de constater que les pépites de genre viennent de plus en plus du milieu communément appelée -non sans un certain swag- Indie. Quelques semaines plus tôt sortait Predestination, un petit bijou australien qui explosait littéralement les codes du voyage dans le temps. The Frame se présente aussi comme un autre objet filmique non identifié, un film SF ludique et am bitieux qui se propose d'explorer le rapport du spectateur à l'image en le prenant directement à partie. Le résultat est bluffant quoi que parfois assez éprouvant. 

The Frame démarre d'un postulat somme toutes assez classique: Chaque être humain n'est-t-il pas un acteur dans sa propre vie ? Ou dans celle d'un autre ? Et dans quelles mesures avons-nous le contrôle de notre vie, de nos destinées? Des questions existentielles, un brin philosophiques que le jeune Jamin Winans aborde de front avec méthodologie -parfois de façon scolaire- mais avec assurance et inventivité, bien loin de la lourdeur que laissent craindre sa relative inexpérience et la lourdeur de son sujet. Véritable homme orchestre -producteur, réalisateur, auteur, compositeur-  Winans s'emploie en priorité à dresser les fondations de sa trame, à savoir ses deux personnages principaux : deux êtres que tout oppose -littéralement- un gangster sur le retour et une ambulancière altruiste dont les vies commencent à s'imbriquer dans celle de l'autre de façon surréaliste à mesure qu'ils réalisent que chacun est en fait le personnage d'une série tv regardée par l'autre. Un peu compliqué tout ça ? C'est justement le défi de ce film et toute l'ampleur de son ambition. Il ne sera d'ailleurs pas étonnant que nous soyons aussi régulièrement sollicités durant le métrage, allant même jusqu'à faire quelques sauts dans le vide, heureusement toujours rattrapés à temps par Winans.

On l'aura compris, The Frame est avant tout une expérience ludique que le réalisateur déploie comme une spirale hypnotique et dont le vernis dramaturgique s'effrite peu à peu à mesure que nous en comprenons les règles -en même temps que le font les protagonistes eux-mêmes- et que le fantastique s'invite discrètement dans la danse. Etalé sur trois parties, le film commence comme un polar urbain remarquablement troussé dans lequel nous suivons le parcours des deux protagonistes. Winans dissémine intelligemment les indices quant au surréalisme de sa trame grâce un très beau travail de la caméra -ces vas et viens lancinants - et sur la musique qui souligne l'étrangeté de l'ambiance sans pour autant être intrusive. Winans a la bonne idée de mettre sur le même pied d'égalité le spectateur et les protagonistes de son film et le choix d'acteurs amateurs se révèle payant puisqu'il assure une identification presque immédiate de notre part et une empathie certaine. Ainsi, leur confusion ultérieure sera justement la notre et leur quête de la vérité sera vécue aussi intensément par le spectateur témoin. Devant nous se mettre en place un puzzle gigantesque dans une dynamique lancinante et le film n'aura de cesse d'étirer son enveloppe pour littéralement l'exploser dans un troisième acte visuellement époustouflant et foutrement bien trouvé. C'est probablement dans cette partie là que Winans donnera la pleine mesure de son talent de film maker, tirant le meilleur parti de ses maigres ressources et donnant tout le sens au titre de son film dans une des scènes les plus réussies du métrage : The frame en anglais voulant dire l'image, mais aussi le cadre -et donc la limite de cette image- contre lequel se battent ses personnages.     

L'aspect formel de the frame n'est pas son seul atout. C'est aussi un film d'une densité incroyable qui se lit sur plusieurs niveaux. Que ce soit de la love story fantastique ou le drame sentimental, le divertissement pur -notamment dans les scènes de braquages, impressionnantes malgré un budget limité - le film de Winans n'en finit pas de jongler entre les genres, tout en gardant une lisibilité parfaite. La ligne conductrice de cet univers, le vrai carburant du film demeure cette dualité, mise en abîme : Réalité, fiction. Clair, obscur. Fatalité, espoir. Destinée, libre arbitre. Perdition, salut. Alors, The Frame, le film SF de l'année ? Il s'en faut de peu puisque malgré ses qualités évidentes et le film de Winans souffre malheureusement d'un problème de tempo, surtout dans son troisième acte, qui arrive déjà assez tard. A trop vouloir couvrir toutes ses bases, le réalisateur a peut-être péché par excès de zèle et sa dernière partie s'enlise dans la redite, certaines scènes s'étirant plus que de raison et semblent souligner des points évidents plus que de raison. Une certaine lourdeur risque donc de rebuter certains mais rien de bien préjudiciable vu l'originalité de cette dernière partie. 

Avec The Frame, Jamin winans s'affirme comme un réalisateur à suivre. Son film, malgré une enveloppe budgétaire restreinte, déborde d'inventivité et d'ambition tant sur le fond que sur la forme et constitue l'une des plus grosses claques de l'année 2014. A découvrir d'urgence. 

23/02/2014

Robocop 3 (1993)



L'OCP a été rachetée par une firme japonaise qui veut des résultats. L'OCP souhaite bâtir la ville de Delta City, sur les ruines du vieux Détroit. Pour cela, elle a engagé des agents, nommés Rehabs. Contrairement aux discours officiels, les Re-habs font partir les citoyens de Détroit sans ménagement. Les habitants  décident alors de s'opposer aux groupes de Rehab. Pour lutter face aux insurgés, l'OCP décide de reprogrammer RoboCop...

Comment démolir une franchise culte de façon définitive? C'est simple, il suffit de suivre le mode d'emploi généreusement proposé par les producteurs/scénaristes/réalisateur du troisième opus de la série Robocop. Succès garanti, une seule application suffit. Le pauvre cyborg mettra plus de vingt ans à s'en remettre et au vu des avis mitigés sur son comeback, pas sûr qu'il soit vraiment tiré d'affaire. Même Joel Schumacher n'avait pas fait aussi fort avec son ''Batman & Robin'', c'est dire. 


Robocop 3, c'est connu, c'est le film de la lose totale, celui par lequel le scandale arrive et qui devrait rappeler à tous ceux qui ont crié au blasphème lors de l'annonce du remake de 2014, que le véritable crime contre Robocop a bien eu lieu 20 ans plus tôt et personne ne l'avait ramenée à l'époque. En fait Robocop 3 ça puait déjà sur le papier. On ne dénombre plus tous les trucs qui n'allaient pas dans cette entreprise, à commencer par ce script pourrave qu'ils sont partis dénicher dans une école primaire apparemment, un jour où Frank Miller se trouvait dans le coin. Ce dernier, pas rancunier pour deux sous décide de rempiler pour un autre essai en signant le scénario de ce troisième épisode, bien que sa précédente tentative se soit soldée par un échec cuisant (il en profitera d'ailleurs pour placer quelques éléments qui n'avaient par été retenus dans le film de 1990) : Rebelote, les exécutifs firent de sa copie une charpie et Miller, dépité, mettra plus de dix ans avant de revenir à Hollywood (grâce à Robert Rodriguez et son Sin City). Alors, il raconte quoi ce troisième opus? Rien. Ou si peu. La logique de rentabilité des studios, c'est connu, ne s'embarrasse pas de tels détails et c'est d'un pitch simplet qu'elle nous gratifie sans ciller où la toute puissante OCP se fait racheter par des japonais et se met à expulser manu militari les habitants du Lower Detroit. Et Robocop dans tout ça? On va le reprogrammer pour qu'il aide les méchants à expulser les gentils habitant. Pas cool. 

Nanardesque. Voilà, le mot est lancé et pour le confirmer, nous constaterons avec effarement (ou pas) le budget riquiqui alloué à cette production dont le cheap empeste à chaque image et chaque plan. Les effets sont d'une nullité affligeante bien digne des incohérences alignées par le scénario. Le vieux détroit par exemple est tellement mal fagoté qu'il aurait mieux convenu à une production de la défunte firme Canon avec ses décors en carton pâte et ses pneus enflammés tous les quinze mètres. L'économie de moyens va jusque dans l'affiche officielle qui fait des merveilles question minimalisme (notez bien la pause façon ''James Bond'' de Robocop) et l'on n'arrive même pas à offrir un Stop Motion digne de ce nom pour l'inévitable ED 209 qui se contente ici de faire une apparition mollassonne (on pourra même parler de caméo), pas plus qu'à offrir une coupe de cheveux décente à CCH Pounder, bombardée chef de la résistance souterraine. Au milieu de tout ça, Fred Dekker se paye le luxe d'une réalisation d'une platitude anesthésiante, se contentant juste de promener sa caméra ici où là en évitant soigneusement tout geste brusque qui apporterait à son film un semblant de rythme. Restons pépères. 

Celui qui est le plus à plaindre ici, c'est bien notre cyborg. Peter Weller avait senti le vent tourner et a décliné l'invitation à reprendre une troisième fois le rôle de Murphy, l'histoire lui a donné raison: Robocop semble être un figurant dans son propre film et n’apparaît que pour s'en prendre plein la tronche. Drainé de toutes ses caractéristiques et de sa substance afin d'offrir un film politiquement correct (un comble), le robot perd tout son charme et devient vite un gros boulet, lourd, lent et pas drôle. Exit l'univers sombre et la critique féroce du premier volet, exit l'humour grinçant et l'action bourrine du deuxième, ici on s'est tellement soucié d'offrir un spectacle pour toute la famille qu'on a fini par débiliser totalement le personnage central. L'excès de violence est remplacé par l'excès de ridicule et c'est les yeux écarquillés que nous assisterons à ce duel contre un robot-Ninja (Attention, il sont deux, non, il sont trois!) mais aussi l'upgrade de notre cyborg préféré avec ce fameux jet-pack qui le fait voler dans les airs dans une incrustation numérique cradingue. Mention spéciale aussi à ce sidekick dont se retrouve affublé Murphy en la personne de Nikko, la petite surdouée capable de reprogrammer un ED 209 avec un ordinateur-jouet Playscool et qui trouve en Robocop un père de substitution. Oui, y'a de l'émotion aussi dans ce film. 

Bancal, paresseux et fauché, Robocop 3 est une confirmation éclatante de la ''Malédiction du Trois'' et un ratage dans les grandes largeurs qu'il faut voir au dixième degrés de préférence si l'on vent en tirer un quelconque avantage. Et c'est sans surprise que ce film clouera définitivement le cercueil de la franchise pendant des décennies. Ah il en rougit encore le traître !

10/02/2014

Robobop 2 (1990)


Detroit sombre de plus en plus dans le chaos et la confusion. Alors que la police se met en grève, une nouvelle drogue appelée Nuke déferle sur la ville et provoque une vague de violence sans précédent. Un seul flic, RoboCop, semble capable d'enrayer le processus. Mais dans l'ombre, un autre cyborg se prépare à mettre en pratique son unique directive : éliminer RoboCop...

Après le succès monumental du premier épisode, ce n'était qu'une question de temps avant que la franchise Robocop ne soit officiellement lancée (pour le meilleur et pour le pire) avec ce deuxième épisode -appelé sobrement Robocop 2- qui ne réinvente rien mais a le mérite de surfer habilement sur le succès du modèle original et de mettre à profit un ''how to'' encore tout chaud laissé par Verhoeven. Le résultat est forcément inférieur au premier mais reste un divertissement SF hautement recommandable. 

Il y a une raison pour laquelle Terminator, l'autre robot emblématique des 80's, n'a eu de successeur que huit ans plus tard: James Cameron avait préféré laisser le temps au temps pour proposer une suite à forte valeur ajoutée tant sur le discours que sur la forme (et il y arriva avec un succès fracassant). Les producteurs de Robocop 2 n'ont visiblement pas eu autant de scrupules et affichent clairement leurs considérations opportunistes. Exit Paul Verhoeven, parti consolider sa réputation de trublion fou avec Total Recall sorti la même année, et place à Irvin Kerchner (dont ce sera le dernier film) un yes man malléable à souhait et qui n'a pas trop à rougir de sa filmographie (il restera pour tous le réalisateur de ''L'empire Contre Attaque''). Ce dernier, bien conscient de la difficulté de succéder à une œuvre culte, s'attelle pourtant avec hardiesse à la tâche en livrant un produit savamment calibré entre humour noir et action bourrine qui, à défaut de rester dans la mémoire collective, remplit bien son cahier de charges et ravira un large public.  

Peter Weller, qui rempile dans les bottes de la machine flic, raconte qu'il a été agréablement surpris que les responsables des effets spéciaux aient changé la composition de son armure par de la fibre de verre, plus légère et plus confortable que l’ancienne. A l'image de cette anecdote, on constate d'emblée que ce deuxième épisode n'est pas non plus fabriqué du même alliage que son modèle. Si le film de 87 était un film de cinéaste, la mouture 90 est indéniablement un film de Studio, les producteurs ayant la main mise et le dernier mot sur le moindre détail. Frank Miller en sait quelque chose puisqu'il s'est vu charcuter sans ménagement la quasi totalité du script qu'il avait écrit. Jugée ''infilmable'', sa version sera systématiquement expurgée de tout ce qui pourrait choquer ou même fâcher quiconque. Ainsi, l'on supprimera tout ce qui pourrait interférer avec l'action pure comme ces considérations psychologiques- pourtant l'un des points forts du premier- où Murphy se débat avec ses réminiscences humaines. Ici Robocop sera juste une machine et l'on ira même jusqu'à le caricaturer à outrance pour en faire un boy scout limite mongol. On n'en fera pas non plus des tonnes avec les messages subversifs, juste le nécessaire genre: ''La drogue, c'est dégueulasse'', ''La violence, c'est pas cool", ''les Politcard, tous des ripoux" afin de ne pas trop causer de crampes du cerveau. Par contre, on gardera les petits spots Tv satiriques, parce que les spots Tv satiriques, c'est satirique. Et c'est drôle. 

Robocop 2 s'avère donc être une contradiction: D'un côté il sonne plus creux que son modèle puisqu'il n'en garde que la coque et en arrondit les angles au possible, mais en même temps, il pousse encore un peu le bouchon dans l'outrance faisant du film une farce féroce et sauvagement jouissive. Il n'y a qu'à voir la tronche des méchants, une belle brochette d'enflures ''over the top'' avec en tête un Tom Noonan qui s'amuse visiblement beaucoup dans les pans du Gourou Cocainé ''Caine'' -qui se fera par la suite ''Uploader'' dans la machine R2- mais surtout ''Hob'' son sidekick mémorable, enfant pas plus haut que trois pommes à la gueule d'ange mais un saloupiot de première qui n'hésite pas à dézinguer à tour de bras et à reprendre à son compte un gros cartel de drogue. L'une des scènes chocs du film étant justement celle ou il désosse méticuleusement notre Robocop avant de foutre ses ''pièces détachées'' devant le commissariat de police. D'autres scènes aussi foutraques jalonnent ce deuxième épisode et le film s'avère finalement très généreux en fun et en castagne. Irvin Kerchner, même s'il est loin du génie de Verhoeven est un vieux briscard qui en a dans le pantalon et très souvent, ça balance du lourd: la course poursuite avec Robocop en moto qui se prend un poteau dans la face, le ''Casting'' de cyborgs qui tourne mal, la fusillade dans l'entrepôt désaffecté... Le moment fort restera sans aucun doute une dernière demi-heure qui mettra en avant le combat titanesque des deux machines dans un carnage hallucinant et très réussi -même si aujourd'hui la Stop Motion fait un peu daté. Bref, du très bon spectacle solidement orchestré. 


Tout comme l'armure de Robocop, autrefois gris sale, ici bleu métallisée, cette deuxième mouture de la franchise est bien symptomatique des ''suites'' hollywoodiennes. Respectant la règle du ''Bigger & Louder", Irvin Kerchner ne se dégonfle pas devant la teneur de la responsabilité et nous gratifie d'un film super divertissant, hyper fun, outrancier dans sa violence graphique et qui en donne au spectateur pour son argent, mais qui malheureusement oublie les fondamentaux de son modèle et en dilue la substance jusqu'à évaporation complète, empêchant ainsi une totale adhésion au film. 

06/02/2014

Robocop (1987)



Detroit, au XXIème siècle. L'OCP (Omni Consumer Products), une multinationale, contrôle la police, qui doit faire face à une criminalité qui gangrène la ville de façon de plus en plus inquiétante. Deux conceptions s'opposent au sein de la compagnie : celle de Jones, qui a conçu le ED 209, une machine de guerre destinée à court terme à remplacer les policiers, et celle de Morton, partisan pour sa part du programme Robocop, mi-homme, ni-robot. Après un incident fâcheux lors de la démonstration de l'ED 209 (Kinney, un exécutif de la compagnie, est tué froidement), c'est le projet Robocop qui est retenu et Murphy, une jeune recrue de la police assassinée par des truands sans scrupules, est désigné pour l'incarner...


Avec son titre qui ne paye pas de mine et son pitch digne d'une série Z, autant dire que Robocop était mal parti pour séduire les foules. Mais c'était sans compter l'homme derrière la caméra, le hollandais Paul Verhoeven qui a su transformer un scénario lambda en un fabuleux exercice de style, divertissant, visuellement abouti mais qui n'a pas peur de se salir les mains pour poser des questions qui dérangent et dépeint une réalité peu reluisant d'une Amérique alors en pleine ère Reagan.


Si Robocop a su poser une empreinte indélébile dans le conscient collectif c'est à cause de ses nombreux niveaux de lecture qui en font une oeuvre dense et passionnante. A ce titre et sur un plan purement fonctionnel, le film marche très bien pour ce qu'il est: un film de SF/Action foutrement bien emballé et qui assure sans démériter un spectacle haut de gamme, à un rythme d'enfer qui ne laisse pas le temps au spectateur de dire ouf. Au fil des années, on a peu à peu oublié à quel point Verhoeven était un génial réalisateur et un fou furieux. Le hollandais soigne ses scènes à l'extrême, découpe ses plans au millimètre et balance savamment les uppercuts dans un festival de scènes chocs, incroyablement généreuses en hémoglobine, parfois jusqu'à l'absurde (qui n'avaient pas manqué de déclencher des réactions hyper hostiles à l'époque.), le film est d'ailleurs resté célèbre pour son ultra-violence à la lisière d'un comic book et qui sont par la suite devenus la marque de fabrique du réalisateur. Des images fortes et crépusculaires qui contribuent à ancrer d'emblée le personnage principal Alex Murphy/Robocop dans la mémoire collective des cinéphiles et à le faire entrer dans la légende. Signalons ici l'immense soin apporté aux effets spéciaux et maquillages ''à l'ancienne'' par Rob Bottin (déjà responsable des FX sur the Thing) et Phil Tipett (ah la Stop Motion, quelle percée à l'époque!) notamment dans le look original de Robocop, sa dégaine de cow-boy, son casque caractéristique, son holster mi cuisse et son Beretta 93R customisé qui crache l'enfer. 

Mais Robocop n'est pas que ça. C'est avant tout un film hautement politisé où le hollandais va au delà du simple divertissement populaire et nous gratifie d'une charge politique comme on n'en a rarement vu, spécialement à cette époque particulière 80's. C'est simple, le film est l'anti-thèse parfaite de l’ère Reagan, du tout feu tout flemme, des redresseurs de torts à la morale en béton et du politiquement correct (suis mon regard, Sylvester Stallone). Tout y passe: De l'omnipotence des médias, la privatisation sauvage et l'ultra-capitalisme, l'obsession sécuritaire ainsi que la démocratisation des armes à feu, se trouvant à plusieurs égards proprement visionnaire. Verhoeven met donc la forme au service d'un fond riche et dense pour mieux accaparer l'attention du spectateur. Violence hardcore et humour caustique sont ses armes pour prendre l'Amérique par le trous du nez et la forcer à regarder bien en face sa réalité hideuse: pauvreté, inégalités sociales, chômage galopant et urbanisme vorace, tel est le portrait sans concessions de son pays d'accueil que se permet de faire le réalisateur. En ce sens, la première mouture de Robocop lorgne plus volontiers vers le cinéma 70's, un cinéma politique qui caresse à rebrousse poil et qui dénonce sous couvert de ''genre'' (ici la SF) des angoisses et des dérives bien actuelles. Un cinéma que n'aurait pas renié un Friedkin ou un Pollack. 

Le film n'en oublie pas pour autant de brasser largement dans les thèmes fondateurs de la Science Fiction et c'est peut-être là le plus grand point fort de ce premier épisode: La relation complexe Homme-Machine, le mariage pas toujours heureux entre la chair et le métal, tissus humains et électronique. Là aussi Verheoven à le mérite de  d'embraser à bras le corps sont sujet en montrant de front toutes les contradictions de son héros: Machine à tuer inflexible? Tête pensante et consciente? Il a aussi l'intelligence de laisser le soin au spectateur de faire son propre choix en ne proposant pas de réponse claire et définitive. Car le plus passionnant dans le film c'est justement qu'on ne sait pas très bien à qui imputer ces actes, à l'homme ou à la machine? Robocop c'est ça, un mystère et des contradictions que l'acteur Peter Weller restitue avec une grande finesse (le pari n'était pas gagné, surtout sous cette tonne de ferraille). Il est génial en bleu idéaliste (naïf?) puis en âme torturée (dans tous les sens du terme) se battant comme il peut pour garder une once d'humanité sous une coque en titane. 

Avec Robocop, Paul Verhoeven entame le premier épisode d'une trilogie qu'il continuera avec Total Recall et Straship Troopers: des divertissements populaires haut de gammes dotés d'une critique acerbe et sans concessions sur l'Amérique. Subversif, décomplexé et totalement à contre courant des discours moralisateurs de l'époque, c'est tout naturellement qu'il prend sa place au panthéon des œuvres majeures de la Science Fiction des années 80, au même titre q'un Blade Runner ou un Terminator. Du grand spectacle comme on n'en fait plus.

31/12/2013

Gravity (2013)



Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky qui effectue son dernier vol avant de prendre sa retraite. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste. Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...


Gravity n'était pas encore sorti en salles que les critiques étaient unanimes et extasiés devant le film, le qualifiant d'une tonne de superlatifs. Peu après, le succès public ne fit que confirmer ses avis et l'accueil réservé au film fut triomphal. Et vous savez quoi? Ce succès est amplement mérité. 

L'une des raisons de ce succès, est le fait que le film joue avant tout sur une peur commune chez tous les humains: la peur du vide, celui infini, noir et métaphorique de l'espace. Partant sur ce postulat d'une simplicité crasse, le film se transforme alors en une expérience sensorielle de tous les instants et surfant à fond sur cette terreur viscérale que subit son héroïne (et à travers elle le spectateur). Quand Sandra Bullock dérive dans l'immensité du vide sidéral, c'est le cœur du spectateur qui est en suspens et quand elle lutte désespéramment pour s'agripper à n'importe quel objet pour se retenir, le spectateur en fait inconsciemment de même dans son fauteuil. Le film ne se limite pas à jouer sur la peur, il sublime d'autres thèmes tout aussi universels tels que le l'instinct de survie e face à l'adversité, la foi , la résignation ou la persévérance dans les moments de désespoirs... Tous incarnés magnifiquement par Bullock, probablement dans le rôle de sa vie. 

Gravity c'est aussi un pur bijou technique goupillé de main de maître par Alfonso Cuaron, celui qui avait déjà fait très fort avec ''Les Fils de L'homme''. Ici il repousse encore les limites de la technologie, non pas en cédant aux canons du Blockbuster estival pétardant mais au contraire en jouant la carte du réalisme et en mettant la forme entièrement au service du fond. Qu'on ne s'y trope pas, tout ce qu'on voit sur l'écran est numérique, ce même numérique qu'on a décrié chez des George Lucas ou des Robert Zemeckis, mais Cuaron (comme Peter Jackson d'ailleurs) démontre avec brio que ces procédés, utilisés à bon escient, contribuent à créer et à prolonger une expérience filmesque unique. Grâce à ses paysages grandioses, ses longs plans séquences vertigineux et son alternance entre vue subjectives et objectives, le réalisateur signe un survival angoissant, trippant et foutrement sexy. 

Mais surtout, et je crois que c'est le plus important (et le plus fou) c'est que Gravity est d'abord un miracle au sens propre du terme: Dans une production de genre hyper balisée et dominée par les Remakes, les Reboots, les Sequels et j'en passe, il est rare et rafraîchissant de voir une oeuvre originale écrite et imaginée par des artisans consciencieux, désireux d'offrir un divertissement intelligent et de qualité, tout ce qu'on demande au Cinéma quoi! Moi je dis Bravo. 


ps: Mon pote IMDB.com vient de m'apprendre que la voix off de Huston est celle de Ed Harris, comme dans Apollo 13!! 'Tain, il manque pas de surprises de Gravity! (Enfin, j'me comprends). 

29/12/2013

Oblivion (2013)



2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui. Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie "céleste" de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. 





Depuis qu'il a lui même sabordé sa carrière grâce à ses propos extrêmes scientologiques et une fameuse roulade sur le divan d'Opra Winfrey, Tom Cruise s'et vu dégringoler lentement mais surement les hautes marches du box office auxquelles il était pourtant abonné. Depuis, il est en perpétuelle quête d'un retour en grâce qui peine à arriver mais qui lui a valu tout de même de se retrouver sur des projets, certes pas très gratifiants en terme de rentrées d'argent, mais qui ont tout de même eu le mérite de diversifier sa carrière en lui offrant des rôles pas forcément typés ''Cruise'': Knight & Day, Rock Of Ages, le récent Jack Reacher et le film qui nous intéresse ici: Oblivion de Joseph Kosinsky.

Du point de vue strictement formel, Oblivion est une réussite totale et confirme d'emblée la place de Jospeh Kosinsky parmi les meilleurs créateurs d'univers SF de ces dernières années, transformant ainsi avec brio l'essai de son premier film ''Tron, l'héritage". Avec ses superbes paysages planants, sa SF organique, sa magnifique photo (assurée par Claudio Miranda, L'Etrange histoire de Benjamin Button, L'Odyssée de Pi) et sa musique electro signée par les frenchies M83, le film est loin, bien loin des canons du Blockbuster estival que laissait présager l'affiche et la bande annonce trompeuse. Avec ses 2H06, il s'offre aussi le luxe de prendre son temps et de coller à son personnage principal en suivant sa routine, ses pensées et ses pérégrinations  à travers ce monde post apocalyptique, ravagé par des extra-terrestres belliqueux. Le film se propose donc d'être une expérience sensorielle hypnotique et mélancolique du genre, s'inscrivant ainsi dans la lignée de la SF 70's à laquelle Kosinsky avoue s'être grandement inspiré. 

C'est par contre sur le fond que Oblivion peine à se démarquer en offrant finalement rien de bien nouveau que ce qui a déjà été fait auparavant surtout avec sa morale écolo. Un scénario bien classique tout compte fait qui ne fait qu'aligner quelques clichés connus si bien que la plus part des coups de théâtre du film sentent le réchauffé. Le réalisateur peine aussi parfois, par choix ou non, à instaurer un rythme régulier à son film et certaines baisses de régime sont souvent à déplorer. Les scènes d'action sont assez rares (ce n'est pas ce qui intéresse Kosinsky) mais sont très bien exécutées et filmées. Tom Cruise offre ici son charisme indéniable (et son jeu d'acteur pourri) au héros du film aux côtés de Olga Kurylenko, moins chiante que d'habitude ainsi que l'inévitable Morgan Freeman dans le rôle d'un mystérieux bonhomme façon Morphéus. 

Si Oblivion peinera à convaincre une large audience de par ses quelques défauts, il n'en demeure pas moins une oeuvre visuellement aboutie dont certaines images resteront longtemps collées à la mémoire et qui ravira les fans de SF 70's. 

Elysium (2013)



En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses - s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.



Il y a 4 ans, Neil Blompkamp avait fait une entrée fracassant dans le domaine hyper balisé de la science fiction avec son ''District 9", un bel ovni SF hyper bien gaulé et qui s'offrait en plus le luxe d'avoir un message de tolérance et d'ouverture à faire passer. Inutile de dire que son dernier long métrage était 'achement attendu (au tournant) par tous les geekos de la planète. 

Les mauvaises langues avaient depuis lors parié que le jeune prodige se serait vite fait bouffer par les sirènes hollywoodiennes comme tant d'autres avant lui (Gareth Edwards se retrouvant sur le  prochain Godzilla, Jose Padhilla aux commandes de Robocop 2014...) et au vu casting et au super gros budget de ce ''Elysium'', difficile de leur donner tort, même si le film tente tout pour faire de l'anti-blockbuster. 

Elyisum n'est finalement pas si lointain de District 9, il porte le même message qui dénonce les inégalités sociales, la lutte des classes , l'immigration) et se déroule dans un futur pas si futuriste que ça ou la terre est devenue un vaste bordel poussiéreux comme une gigantesque Favela brésilienne. Du point de vue réalisation, Blomkamp est toujours aussi efficace et son film est hyper généreux en scènes d'action époustouflantes avec en prime des explosions de violence super rares dans les productions de ce genre (Le méchant qui se fait exploser la gueule, littéralement, par une grenade). Là ou le bas blesse par contre c'est par le traitement quelconque du métrage et de la pauvreté crasse du scénario qui finalement n'est pas si loin des autres films de SF sociale: les méchants sont des bourges coincés et égoïstes, l'humanité sera sauvée par un élu que rien ne prédestinait à ce rôle, qui est un ex taulard qui se fout de tout mais qui n'hésitera pas à se sacrifier pour le bien de tous, aimons-nous les uns les autres, bordel. L'intention est certes louable et l'on ne doute pas une seconde de la sincérité de Blomkamp, mais le casting alla stars tend beaucoup à discréditer le message. Même la vulnérabilité affichée de Matt Damon peine à faire oublier qu'on est face à Jason Bourne. 

Ce n'est pas pour autant qu'il faut bouder notre plaisir, Elysium reste sans conteste un excellent divertissement SF (et les succès dans ce genre en particulier son trop rares) qui se place bien au dessus du lot des productions similaires et qui se regarde avec réel plaisir de bout en bout, une fois la frustration passée des nostalgiques de District 9.