Du propre aveux de son réalisateur, Le Parrain III n'aurait jamais vu le jour s'il n'y avait pas eu ses déboires financiers qui le laissaient au bord du gouffre. C'est uniquement pour cette raison qu'il se remit aux affaires en réalisant non pas une suite mais un épilogue à ses deux précédents chefs d'oeuvres, quinze ans plus tard.
Dès les premières images, le ton est donné: Il y a une odeur de mort qui règne sur le film. Coppola nous montre la superbe demeure des Corleone sur le Lac Tahoe, là ou s'était arrêté le Parrain II. Mais à bien y regarder, on se rend compte qu'elle est à présent désertée, en pleine déréliction, laissée là comme le vestige d'un temps révolu. Car ce temps là est bien révolu comme il sera démontré par la suite, Les Corleone ont délégué leurs affaires un peu partout et tentent la reconversion sous le couvert de la légalité. Michael Corleone est montré sous un jour différent, loin de l'homme d'acier qu'il était dans sa jeunesse, froid, tranchant et plein d'assurance. Le temps est passé et a laissé des traces sur son visage et les années n'ont pas été tendres. A travers lui, c'est le fantôme de Coppola qui apparaît en filigrane, ombre de lui même, après qu'il ait signé de son empreinte le renouveau (et la mort) du cinéma hollywoodien durant les 70's.






