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21/08/2013

L'Anthologie du Film Con: White House Down (2013)

Entendons-nous bien: je ne suis pas contre une bonne resucée de la vieille formule Die Hard. Dans un bateau, dans un train, dans un avion, dans un stade de hockey ou même ici, dans la vénérable Ouaïte Haousse ov Ze younaitède Stètes Ov Ameurika. Je pense qu'on a eu de très bonnes pépites de ce genre là, Under Siege avec Steven Seagal étant clairement la meilleure référence. Certaines mêmes ont été de solides divertissements sans prétention.  Mais là, faut pas pousser. 

Roland Emmerich n'est pas spécialement réputé pour sa finesse ni par une filmographie follement jouasse, c'est un fait. Pourtant, avec un pitch aussi simple et un cahier de charge ultra balisé, tous les espoirs étaient permis. Personnellement, je me suis même surpris à espérer un grand retour de l'allemand à sa période faste, celle de Universal Soldier, Stargate ou même le débilos Independance Day. Des films sans grande prétention que celle de divertir, mais qui bénéficiaient d'un savoir faire certain et pas avares en action burinée et efficace. Force est de constater que je me suis planté. 

Pour info, le film ne reprends pas seulement la formule de Die Hard mais aussi toutes les grandes lignes: Le héros un peu loser sur les bords, en instance de divorce et jamais présent pour sa fille est coincé dans un édifice infesté de méchants terroristes qu'il dézinguera au fil de l'action. Le type est même en marcel blanc comme on le voit sur l'affiche. Ajoutez-y de méchants terroristes dont un Nerd en informatique et un crash de Limousine et vous y êtes. Avec tous ces éléments en main, je me demande quand même comment on peut foirer son coup aussi connement, surtout avec un budget de 150 Millions de Dollars US!

Et bien, plusieurs raisons à ça:

Premièrement, n'est pas John McClane qui veut. L'élément central d'un bon film d'action, surtout comme celui-là est un bon héros. Bourrin ou Dandy, c'est au choix. Channing Tatum n'est ni l'un ni l'autre. Passons sur son miscast gigantesque qui peut aisément s'expliquer par sa ''Bankability'' soudaine, mais ne nous voilons pas la face: Il est nul à chier dans le rôle principale. Pas badass pour deux sous, même tous muscles saillants et deux machine-guns aux poings, il se contente de traverser le film avec cet air abruti période Step Up en tirant dans le tas. Impossible de ressentir la moindre sympathie pour le gars même en sachant que sa fille est parmi les otages. De plus, il n'est pas aidé par un scénario aussi rachitique que crétin qui lui fait traverser explosion après explosion interrompues ici et là par une fusillade mal filmée. Aucun corps à corps, ou peu avec l'ennemi, aucune démonstration d'un savoir faire quelconque en terme de tactiques de combat, ses seuls faits d'armes sont juste mentionnés à la va vite en deux trois répliques. Un choix plus couillu pour ce rôle aurait été le bienvenu au moins pour donner plus de crédibilité à un film qui n'y aspire pas du tout.

Deuxièmement, n'est pas John Mctiernan qui veut. Roland Emmercih n'a pas toujours été ce tâcheron que l'on connait, Universal Soldier témoignait d'une grande maîtrise de l'action bourrine et décérébrée qui avait fait les beaux jours de la carrière de Lundgren et Van Damme. Pas de ça ici. Le réalisateur n'en a strictement rien à battre de ses personnages ou de ce qui leur arrive, son seul désir étant de filmer le dynamitage en règle des différentes parties de la maison blanche, des hélicos qui se crachent (y'en a bien 3), des poursuites de voiture qui se terminent dans la piscine, des tirs de char, Air Force One en feu et j'en passe. A ce sujet, les effets spéciaux sont forcément impressionnants, mais ne parviennent pas à enlever cette impression de vacuité qui pèse sur le film. Le pire, c'est la paresse inouïe de Emmerich qui ne se mouille pas du tout et se complaît dans la médiocrité. Son manque de style et une absence totale des notions élémentaires de mise en scène empêchent White House Down d'atteindre les sommets qu'il mérite: On perds ainsi 45 bonne minutes à se mettre dans le bain, non pas en faisant monter la tension crescendo ni même en montrant les enjeux, mais en brossant grossièrement une palette de personnages débiles à souhait, de la fille totalement fana du président US qui se réveille à 5 heures du mat juste pour écouter son speech ou voir son hélico voler en rase-motte (parce que c'est écrit dessus que c'est celui du président),  des membres du cabinet du président qui le regardent avec des yeux pleins d'admiration et des sourires béats comme s'il était Michael Jackson sans oublier les relations tendues au sein de la famille Tatum (Il a oublié d'assister au Show de fin d'année de sa fille, Ow Noo!!!). Pour ce qui est des terroriste, eh ben, ils sont juste sur place, pas besoin de soigner leur entrée, ne vous dérangez pas pour eux.

Mais alors, que reste-t-il dans White House Down? Rien ou presque. Encore un président de plus pour Emmerich en la personne de Jamie Foxx dans une performance obamesque qui frise le ridicule. Ce président est tellement cool qu'il fait un saut dans la salle de visites de la maison blanche, serre des mains, papote avec les présents et fait même une dédicace pour le blog de la fille de Tatum. Waw! En plus, il prévoir le rapatriement de tous les soldats au moyen orient pour concentrer tous les efforts sur la famine dans le monde... moué... de la science-fiction quoi. Jamie Foxx est sympa dans le film, mais c'est juste parce que c'est Jamie Foxx, rien à voir avec le rôle en lui même. Et puis signalons la performance du toujours impeccable James Woods dans le rôle de l'antagoniste. Un peu moins flamboyant que d'habitude certes, mais c'est toujours un plaisir de le revoir, dans un rôle similaire à celui de Ed Harris dans The Rock. Malheurement, il n'est pas à la hauteur d'un Hans Gruber par exemple.

En conclusion, c'est décidé: je ne regarderai plus jamais un film de Roland Emmerich, c'est sûr. Non content d'avoir foutu en l'air un projet qui avait un potentiel monstrueux et un budget de même, cette plaie n'hésite pas à s'auto-citer deux fois dans son navet avec des références à Independance Day et à The Patriot. Un comble! Fuck You Roland! 

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