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05/11/2014

Society (1989)

Tourné en 1989 mais sorti uniquement en 1992 aux états unis, le premier film en tant que réalisateur de Brian Yuzna reste encore aujourd’hui l’un des sommets du body horror et un spectacle jubilatoire d’une rare intensité. Film d’horreur culte qui s’offre aussi le luxe d’être une réflexion sans concessions d’une société américaine, celle des années Reagan, en pleine dégénérescence, Society est un coup de maitre immédiat qui n’a pas pris une ride.

S’il fait ici ses premiers pas derrière la caméra, Brian Yuzna n’est pas pour autant un premier venu dans le cinéma, encore moins dans celui de l'horreur puisqu’il est surtout connu comme producteur de films cultes comme Dolls, ReAnimator ou encore From Beyond - tous réalisés  par son pote Stuart Gordon -. C’est donc tout naturellement qu’il en arrive derrière la caméra, à un moment clé qui coïncide d’une part avec le crépuscule du cinéma gore estampillé 80’s, et à la fin de l’ère Reagan avec ses excès et ses dérapages d’autre part. Ce constat, ce sera l’essence même de Society : rendre ses lettres de noblesse à un sous genre en perdition et rendre compte d’une société qui l’est tout autant. Son film nous transporte dans un Beverly Hills ensoleillé, luisant, celui des sitcoms et des séries débiles dont l’Amérique nous gave, les rires préenregistrés en moins. Le héros, Bill Whitney, beau gosse issu d’une famille bourgeoise, mène en apparence une existence idyllique mais ne peut contenir des accès de paranoïa récurrents notamment vis-à-vis de sa propre famille qu’il soupçonne de comploter dans son dos pour le supprimer. Il est conforté dans ces craintes par d’étranges visions qu’il a, de corps déformés, de bruits de succion et du sourire bien trop ultra bright de ses parents.


Society fonctionne sur deux niveaux de lecture. Sur un plan purement fonctionnel, le film est une impressionnante bobine horrifique comme on n’en a rarement vu. Yuzna met en image le cauchemar de son héros avec une maestria bluffante, en ménageant un crescendo poisseux à mesure que ce dernier sombre dans la folie. Il n’est pas question de gore et d’hectolitres de sangs mais bien de transformations physiques extrêmes et aberrantes. Cette horreur-ci est organique, dérangeante, pensée comme des peintures de Dali dont Yuzna avoue s’être grandement inspiré. Ce sont donc de véritables toiles que brosse le Yuzna aidé en cela par l’incroyable talent de Screaming Mad George, as du maquillage qui a déjà officié sur certains épisodes de la saga Freddy et de Predator. Chairs distendues, gélatineuses, mutations aberrantes sont au menu et culminent vers un long final proprement hallucinant, l’un des plus gros chocs visuels du genre. Heureusement, le film ne se contente pas d’être une mise en images gratuite de scènes dégueu mais se double d’une critique acerbe du monde factice des millionnaires de Beverly Hills.

Il n’est pas très étonnant que le film ait mis si longtemps à être distribué aux Etats Unis. Plus exactement trois ans durant lesquels il a surtout été montré et apprécié en Europe. Comme l’expliquera le réalisateur, les américains sont peu enclins à voir en face leur propre merdier, surtout quand ce merdier est mis en image d’une façon aussi radicale. La dégénérescence que dépeint Society est donc celle d'une certaine classe sociale, d'un monde clos, une bourgeoisie de Beverly Hills littéralement consanguine, incestueuse, cannibale, où le matérialisme des années fric ne se limite pas à manger métaphoriquement le concurrent. Pour mieux la singer, le film de Yuzna en prend même la forme et c’est toute la première partie du film qui revêt les airs d’une sitcom américaine 80’s : casting de beaux gosses et belles cruches aux cheveux brushingués et aux capacités d’interprétations plus que moyennes - à se demander si c’est fait exprès d’ailleurs tellement tout le monde joue super mal - décors idylliques, bicoques cossues, voitures luxueuses et plages ensoleillées où tout ce beau monde entretien son bronzage. Tout est dégoulinant de perfection et agit comme un somnifère sur le spectateur avant que la machine s’enraye et que la couche de vernis ne se décolle au rythme de la lente paranoïa du héros. Une paranoïa qui n’est pas sans rappeler celle de Rosemary et son bébé qui virera inévitablement vers une horreur toute Cronenbergienne.

Pour un premier essai, Brian Yuzna réalise un coup de maître et signe ce qui restera probablement son meilleur film. Society, bien que relativement méconnu du grand public reste une œuvre puissante, témoin de son époque et capable de donner aussi bien dans la réflexion que dans le grand spectacle horrifique. Hautement recommandable.

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