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Far far away, behind the word mountains, far from the countries Vokalia and Consonantia, there live the blind texts Read More

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12/07/2016

The deer hunter (1978)



Le traumatisme post Vietnam aura eu au moins le mérite d'avoir généré des œuvres puissantes et dérangeantes à classer au panthéon du cinéma US des années 70. Beaucoup ont traité le sujet de différentes façons dont de grands noms tels que Coppola – Apocalypse now, Jardins de pierre –, Brian De Palma – Outrages – et bien sûr Oliver Stone – Entre Ciel et Terre, Platoon, Né un 4 juillet – mais chacun à traité un pan de cette guerre en particulier, que ce soit l'avant, la guerre à proprement parler, ou le choc post-traumatique qui en a découlé. Pour son deuxième film, Michael Cimino signe avec Voyage au bout de l’enfer une superbe épopée autour de cette tranche d’histoire qui, encore aujourd’hui, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

Avec Voyage au bout de l'enfer, Michael Cimino brasse d'un coup toute la période allant de 1968 à 1975 dans une fresque magistrale sur l'amour, l'amitié, le passage à l'âge adulte, le sacrifice et le don de soi mais aussi sur... la roulette russe. Durant trois heures, le film suit le destin de trois jeunes américains issus de la classe moyenne qui sont sur le point de partir pour une guerre dont ils ne savent rien et qu'ils sous estiment dangereusement. Tout au long de la première partie, le réalisateur dépeint tout ce que ces personnages ont à perdre en allant au Vietnam. Ils laissent derrière eux pères et mères, femmes pour certains et un semblant de vie normale, même si finalement peu reluisante. Forcément cette partie est la plus festive, symbole de toute l'insouciance de la jeune Amérique idéaliste : on assiste au mariage d'un des trois amis et de la soirée de beuverie qui s'en suit. Pourtant deux incidents augurent déjà une funeste destinée : une dispute avec un béret vert, visiblement à côté de ses pompes et surtout ce verre de vin rouge que la nouvelle mariée renverse sur sa robe et s'en trouve éclaboussée en rouge sang...

La deuxième partie nous plonge brutalement en pleine horreur Viêt-Cong, sans ménages et sans gants. L'atrocité de la guerre qui n'épargne rien ni personne où cette scène culte entre DeNiro et Christopher Walken – dans le rôle de sa vie – obligés par leur geôliers à jouer à la roulette russe, demeure un des plus beaux moments de l'histoire du cinéma. Cimino, en tranchant avec l’ambiance communautaire du premier acte, fait preuve d’un talent incroyable pour enquiller des scènes anthologiques, proches du cinéma vérité par moments. Nous apprendrons par la suite que ceci était du également à l’ambiance particulière qu’avait imposé Cimino sur le plateau de tournage et à l’investissement sans limite de l’équipe et des acteurs, dont beaucoup ont frôlé la mort à plusieurs reprises. Ceci dit, si la beauté de la forme ébahit, c’est bien le fond qui interpelle. A regarder de plus près cette partie du film, l’on ne peut s’empêcher de noter une certaine naïveté de la part du réalisateur – pour ne pas dire de la mauvaise foi – dans sa représentation du conflit armé. Ainsi, toute la violence, toutes les horreurs, toute la folie qui règne dans cette guerre est uniquement imputable à l’autre. Les actes de barbarie sont soit infligés par les Viêt-Cong, soit imposés par ceux-ci. L’américain lui, ne grille un vietnamien au lance flemme que pour répliquer et donc rétablir justice. Un traitement manichéen qui fait malheureusement tâche au milieu d’une œuvre par ailleurs sans failles.  

La dernière partie, celle du retour au bercail – pour un seul des trois amis – et de loin la plus poignante et celle qui a le plus d'impact émotionnel. Pire que la guerre ? Y survivre.  Voilà ce que semble dire Cimino. Durant cette partie, les personnages sont confrontés à tout ce qu'ils ont perdu durant cette guerre, aussi bien sur le terrain là-bas que dans leur propre pays. De la famille, amis et amours perdus aux terribles séquelles de la guerre. A travers les yeux de De Niro, c'est tout une génération qui est en mal de repères. Dire que l’acteur transcende le film de bout au bout ne serait pas lui rendre suffisamment justice. Il crève l'écran, dans un rôle casse gueule à sa mesure. A ses côtés un cast de la fine fleur des têtes d'affiches de ce cinéma là, avec John Savage, John Casale et surtout Christopher Walken, dans le rôle d'un écorché vif, victime d'une guerre qu'il n'a pas souhaité mais qui aura sa peau, récompensé par l'oscar du meilleur second rôle. C'est probablement lui qui illustre le mieux l'absurdité et la cruauté de cette guerre, condamné qu'il est à reproduire indéfiniment le jeu meurtrier imposé jadis par ses geôliers jusqu'à ce que mort s'en suive.  

Voyage au bout de l'enfer, film phare du cinéma américain des 70's, constitue sans aucun doute la plus belle réussite d'un cinéaste inclassable, rebelle et impétueux. Michael Cimino, décédé peu de temps avant la rédaction de ces lignes, ne retrouvera plus jamais pareil succès critique et public, faisant de ce métrage le film somme de sa carrière et un testament qu'il convient de redécouvrir au plus vite.  

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