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Far far away, behind the word mountains, far from the countries Vokalia and Consonantia, there live the blind texts Read More

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18/03/2014

Dark Touch (2014)







Un soir, en pleine campagne, dans une maison isolée, les objets et meubles se déchaînent contre ses habitants et les tuent tous. Seule rescapée : une petite fille de 11 ans dont la police se borne à ignorer le témoignage...


Marina de Van n'avait pas tourné de film pour le cinéma depuis 2009 et son mal-aimé ''Ne te retourne pas''. Quatre ans plus tard et un passage par la case Tv en 2012 -le Petit Poucet- , la revoici de retour avec ce nouveau métrage -Dark Touch- un film qui emprunte autant à son propre cinéma qu'à celui des grosses références du cinéma fantastique. Verdict. 

Si les deux précédents métrages de Marina de Van flirtaient déjà avec la frontière du fantastique sans vraiment sauter le pas, c'est désormais chose faite avec ''Dark touch'' qui nous y plonge d'emblée avec son pitch minimaliste et étrange: Des meubles massacrent une famille en ne laissant qu'une seule rescapée dont personne ne prend au sérieux le témoignage. Mais si le traitement du film semble différent, l'on est forcés de constater qu'il s'inscrit directement dans la lignée de la filmographie unique de la réalisatrice. Derrière ses airs de conte fantastique se profile bien un drame psychologique, tendu, intense et oppressant -comme toujours chez de Van- mais dont le sujet est cette fois-ci ne fait pas de mystères: l'enfance maltraitée.  

Le ton est donnée dès les premières scènes du film où la caméra s'attarde sur des meubles inertes, puis cette étagère qui se décolle du mur dans un fracas assourdissant: Ce sont justement les objets les plus ordinaires qui deviennent les plus inquiétants et les plus meurtriers, comme le démontrera la suite. Dès lors, toutes les certitudes volent en éclats et les apparences se fissurent lentement mais sûrement, à commencer par ce portrait de famille -idéale en surface- qui ne tarde pas à révéler toute sa laideur le temps d'une scène suggestive mais insoutenable. Marina de Van aime à rappeler sans cesses dans ses films que l'ennemi est toujours intime: un visage familier qui se métamorphose dans ''ne te retourne pas'' ou encore un bras qui n'obéit plus dans ''dans ma peau''. La cinéaste instaure une tension de tous les instants alors que sa caméra suit inlassablement son héroïne, l'angélique -et super flippante- Missy Keating dans un  parcours chaotique. La cadrant de très près, ne la quittant presque jamais un seul instant, parfois au détriment des autres acteurs, de Van trouve en elle une héroïne comme elle les aime: un être tourmenté, incapable d'extérioriser ses sentiments et qui porte en elle une fêlure profonde dans laquelle elle nous plonge jusqu'au tréfonds. 

Missy Keating -oui, la fille de Ronan- est à ce propos hallucinante de naturel et d’ambiguïté.  Son visage d'un blanc presque livide et ses yeux bleus immenses parviennent à merveille à retranscrire toute la fragilité, l'innocence mais aussi la froideur résolue qui l'animent. On pense forcément au ''Carrie'' de De Palma non seulement par le sujet et le caractère ''maléfique'' de son personnage principal mais surtout à ''La malédiction'' avec son côté radical. La comparaison s'arrête là, la réalisatrice préfère ne suivre aucun modèle mais adopte une mise en scène classique et classe sans effets gratuits -aucun jump scare à deux balles ici-. Tout est au service de son propos, ingénieusement étayé en mouvements de caméra subtils, en longs travellings et en métaphores, avec ce ton bleu et ce curieux tempo minimaliste. Le clou du spectacle vient ensuite dans un troisième acte final coup de poing, décomplexé et jouissif dans son absence totale de morale confirmant le statut  subversif de Marina De Van. 

Avec Dark Touch, Marina De Van signe un conte horrifique classique et élégant qui puise ses racines dans le drame pur et dur. Ce classicisme pourra en rebuter certains, y compris parmi les habitués de la cinéaste qui lui reprocheront son manque d'audace, mais son film reste néanmoins un très bel exercice de style et une brillante démonstration de la capacité d'un genre -ici le fantastique- à rendre compte d'une réalité atroce encore mieux qu'un drame à proprement parler. 

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