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Far far away, behind the word mountains, far from the countries Vokalia and Consonantia, there live the blind texts Read More

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06/02/2014

Robocop (1987)



Detroit, au XXIème siècle. L'OCP (Omni Consumer Products), une multinationale, contrôle la police, qui doit faire face à une criminalité qui gangrène la ville de façon de plus en plus inquiétante. Deux conceptions s'opposent au sein de la compagnie : celle de Jones, qui a conçu le ED 209, une machine de guerre destinée à court terme à remplacer les policiers, et celle de Morton, partisan pour sa part du programme Robocop, mi-homme, ni-robot. Après un incident fâcheux lors de la démonstration de l'ED 209 (Kinney, un exécutif de la compagnie, est tué froidement), c'est le projet Robocop qui est retenu et Murphy, une jeune recrue de la police assassinée par des truands sans scrupules, est désigné pour l'incarner...


Avec son titre qui ne paye pas de mine et son pitch digne d'une série Z, autant dire que Robocop était mal parti pour séduire les foules. Mais c'était sans compter l'homme derrière la caméra, le hollandais Paul Verhoeven qui a su transformer un scénario lambda en un fabuleux exercice de style, divertissant, visuellement abouti mais qui n'a pas peur de se salir les mains pour poser des questions qui dérangent et dépeint une réalité peu reluisant d'une Amérique alors en pleine ère Reagan.


Si Robocop a su poser une empreinte indélébile dans le conscient collectif c'est à cause de ses nombreux niveaux de lecture qui en font une oeuvre dense et passionnante. A ce titre et sur un plan purement fonctionnel, le film marche très bien pour ce qu'il est: un film de SF/Action foutrement bien emballé et qui assure sans démériter un spectacle haut de gamme, à un rythme d'enfer qui ne laisse pas le temps au spectateur de dire ouf. Au fil des années, on a peu à peu oublié à quel point Verhoeven était un génial réalisateur et un fou furieux. Le hollandais soigne ses scènes à l'extrême, découpe ses plans au millimètre et balance savamment les uppercuts dans un festival de scènes chocs, incroyablement généreuses en hémoglobine, parfois jusqu'à l'absurde (qui n'avaient pas manqué de déclencher des réactions hyper hostiles à l'époque.), le film est d'ailleurs resté célèbre pour son ultra-violence à la lisière d'un comic book et qui sont par la suite devenus la marque de fabrique du réalisateur. Des images fortes et crépusculaires qui contribuent à ancrer d'emblée le personnage principal Alex Murphy/Robocop dans la mémoire collective des cinéphiles et à le faire entrer dans la légende. Signalons ici l'immense soin apporté aux effets spéciaux et maquillages ''à l'ancienne'' par Rob Bottin (déjà responsable des FX sur the Thing) et Phil Tipett (ah la Stop Motion, quelle percée à l'époque!) notamment dans le look original de Robocop, sa dégaine de cow-boy, son casque caractéristique, son holster mi cuisse et son Beretta 93R customisé qui crache l'enfer. 

Mais Robocop n'est pas que ça. C'est avant tout un film hautement politisé où le hollandais va au delà du simple divertissement populaire et nous gratifie d'une charge politique comme on n'en a rarement vu, spécialement à cette époque particulière 80's. C'est simple, le film est l'anti-thèse parfaite de l’ère Reagan, du tout feu tout flemme, des redresseurs de torts à la morale en béton et du politiquement correct (suis mon regard, Sylvester Stallone). Tout y passe: De l'omnipotence des médias, la privatisation sauvage et l'ultra-capitalisme, l'obsession sécuritaire ainsi que la démocratisation des armes à feu, se trouvant à plusieurs égards proprement visionnaire. Verhoeven met donc la forme au service d'un fond riche et dense pour mieux accaparer l'attention du spectateur. Violence hardcore et humour caustique sont ses armes pour prendre l'Amérique par le trous du nez et la forcer à regarder bien en face sa réalité hideuse: pauvreté, inégalités sociales, chômage galopant et urbanisme vorace, tel est le portrait sans concessions de son pays d'accueil que se permet de faire le réalisateur. En ce sens, la première mouture de Robocop lorgne plus volontiers vers le cinéma 70's, un cinéma politique qui caresse à rebrousse poil et qui dénonce sous couvert de ''genre'' (ici la SF) des angoisses et des dérives bien actuelles. Un cinéma que n'aurait pas renié un Friedkin ou un Pollack. 

Le film n'en oublie pas pour autant de brasser largement dans les thèmes fondateurs de la Science Fiction et c'est peut-être là le plus grand point fort de ce premier épisode: La relation complexe Homme-Machine, le mariage pas toujours heureux entre la chair et le métal, tissus humains et électronique. Là aussi Verheoven à le mérite de  d'embraser à bras le corps sont sujet en montrant de front toutes les contradictions de son héros: Machine à tuer inflexible? Tête pensante et consciente? Il a aussi l'intelligence de laisser le soin au spectateur de faire son propre choix en ne proposant pas de réponse claire et définitive. Car le plus passionnant dans le film c'est justement qu'on ne sait pas très bien à qui imputer ces actes, à l'homme ou à la machine? Robocop c'est ça, un mystère et des contradictions que l'acteur Peter Weller restitue avec une grande finesse (le pari n'était pas gagné, surtout sous cette tonne de ferraille). Il est génial en bleu idéaliste (naïf?) puis en âme torturée (dans tous les sens du terme) se battant comme il peut pour garder une once d'humanité sous une coque en titane. 

Avec Robocop, Paul Verhoeven entame le premier épisode d'une trilogie qu'il continuera avec Total Recall et Straship Troopers: des divertissements populaires haut de gammes dotés d'une critique acerbe et sans concessions sur l'Amérique. Subversif, décomplexé et totalement à contre courant des discours moralisateurs de l'époque, c'est tout naturellement qu'il prend sa place au panthéon des œuvres majeures de la Science Fiction des années 80, au même titre q'un Blade Runner ou un Terminator. Du grand spectacle comme on n'en fait plus.

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