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Far far away, behind the word mountains, far from the countries Vokalia and Consonantia, there live the blind texts Read More

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01/04/2012

Le Parrain (1972) - Quarantième Anniversaire.

Francis Ford Coppola n'avait que 30 ans lorsque la Paramount lui proposa de réaliser ''La Parrain''. Il déclina l'invitation car il avait détesté le scénario qu'il eut entre les mains et encore plus, le livre de Mario Puzo dont c'était l'adaptation. Qui plus est, il n'avait aucune envie de compromettre sa carrière naissante en tournant un vulgaire film de gangsters qui -pour citer les responsables du studio - ''sentait le spaghetti''. C'est donc sous certaines réserves qu'il accepta finalement le contrat, notamment en réécrivant le scénario en collaboration avec l'auteur du livre. Souvenez-vous, nous sommes en 1971, en plein dans ce qu'on appellerait des années plus tard ''Le nouvel Hollywood'' et les réalisateurs commençaient à jouir de certaines libertés artistiques sur leurs oeuvres. C'est aussi à cette période là que ses emmerdes commencèrent.

Il est difficile de croire en voyant le résultat final que le Parrain à été tourné dans une ambiance d'urgence et un climat de stress insoutenable, alors que Coppola était chaque jour menacé de se faire virer, que les prises s'éternisaient de plus en plus et que le budget gonflait à chaque tour d'horloge. Serais-ce une première explication de son succès monumental? Il se pourrait, en effet. Toujours est-il que Coppola l'a tourné comme si sa carrière en dépendait et, dans un sens, c'était bien le cas. Pourtant l'oeuvre rentra instantanément dans la légende et même aujourd'hui , quarante ans plus tard, elle ne souffre d'aucune critique et n'a de cesse de déchaîner les passions.

Le mérite de Coppola, s'il ne fallait en retenir qu'un serait justement de s'être approprié d'une histoire de gangsters somme toute banale et de l'avoir transformée en un portrait au vitriol d'une certaine Amérique schizophrène qui, derrière ses grands airs chevaleresques cache une société corrompue et en mal de repères. Pour preuve, la magnifique scène d'ouverture du film, lent zoom arrière sur le visage de ''Buonasera'' et ces quatre mots adressés au parrain : ''I Believe in America''... Des mots d'ou suintent l'amertume et la désillusion au moment ou il vient demander justice pour le tabassage de sa fille unique par deux malfrats. Comme l'explique si bien ''Buonasera'', cette justice qu'il demande est celle que les autorités américaines n'ont pas pu réaliser puisque les deux coupables s'en sont sortis indemnes sans aucune poursuite. Ceci nous amène au deuxième mérite de Coppola et à l'originalité du ''Parrain'': Contrairement à ce qui est courant, les gangsters ici ne sont pas montrés de façon condescendante ni méprisante. C'est un point de vue totalement inédit qui est proposé dans ce film, une vision ''de l'intérieur'', une réflexion sur l'origine de la mafia et les raisons de sa prolifération dans la société américaine. Comme le montre ''Buonasera'' (encore lui) ces gens-là se sont fait les protecteurs d'une frange de la communauté italo-américaine (mais pas que) suite à un manquement de l'état, celui qui en principe devrait assurer ce rôle. Ils se font la justice que le gouvernement n'est pas apte à offrir. Les gangsters ne sont pas montrés comme de petites frappes ou bêtes sauvages, ils sont des gens comme les autres, bien ancrés dans leurs traditions et leurs origines italo-américaines qui ne sont pas démunis de valeurs qu'ils défendent par dessus tout, spécialement la sacro-sainte ''Famille'' dont leur organisation revêt toutes les caractéristiques. Mais en plus, et le plus important peut être, c'est que ces gangsters là sont montrés sans aucune complaisance. Que le spectateur ne se leurre pas, les affaires des ces gens-là sont sales, et la longue route qui mène au pouvoir est parsemée de cadavres et de sang, que le réalisateur ne se gêne pas pour montrer. Et avec brio.

Malgré son jeune âge à l'époque et aux conditions houleuses de tournage, Francis Ford Coppola a fait preuve d'une superbe maîtrise de la caméra et un sens du détail et de la mise en scène inouïs. Son style épuré, proche du classicisme colle parfaitement au sujet et à l'époque de son film (aidé en cela par une superbe photo de Gordon Willis et des décors de Dean Tavoularis). Il offre un spectacle de tous les instants, fait de romance de sang, de bruit et de fureur.

On ne peut pas non plus parler du ''Parrain'' sans quelques mots sur son cast interstellaire et ses gueules de cinéma, encore inconnus à l'époque mais qui entrèrent au panthéon des grandes stars du milieu (excusez le jeu de mots). Là aussi c'est Coppola lui même qui dut batailler dur pour les imposer aux studios réticents. James Caan en mode folie furieuse, Robert Duvall tout en retenue, Talia Shire geignarde à souhait et bien sûr Al Pacino, dans son premier grand rôle. Il est remarquable à tous les points de vue et montre en quelques scènes qu'il à l'étoffe des grands acteurs. Il montre toute l'étendue de son talent dans un rôle en or massif, il faut l'admettre, celui d'un homme qui fait tout pour suivre son propre chemin, loin des eaux troubles de sa famille mais dont la destinée le rattrape pour le meilleur et surtout pour le pire.
Quand à Marlon Brando dans le rôle titre, celui qui lui collera à la peau pour le restant de sa longue et étoffée carrière, il est tout bonnement magique de naturel et d'inventivité. Du cirage dans les cheveux, du coton dans la bouche, des dialogues marmonnés avec sa voix couinante et  le tour est joué: la performance a été couronnée par l'oscar du meilleurs acteur en cette année là. Oscar qu'il refusa, envoyant à sa place Sacheen Littlefeather, une représentante du la communauté amérindienne pour protester contre l'image des indiens véhiculée par Hollywood .

Si vous ajoutez à tous ceci une musique et un thème inoubliable composé par Nino Rota pour l'occasion et vous obtenez un chef d'oeuvre intemporel, souvent copié mais jamais égalé. De l'or Massif. 

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